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01 mai 2013

Morale laïque ?

 

 

 

            M. Payons, ministre de la boutique et des boutiquiers, a décidé d’introduire un enseignement hebdomadaire de « morale laïque » dans les écoles de France, de la classe de onzième à la classe terminale : ça commencerait à 6 ans, ça se terminerait à 18 ans. Personne, évidemment, même pas M. Payons, ne se fait d’illusion sur le contenu de cet enseignement : ce sera une heure de propagande par semaine, ni sur son efficacité : ce sera l’occasion de chahuts, de bavardages, d’école buissonnière ou pis d’insultes dont seront la cible les préposé(e)s à cet enseignement, lequel sera fourgué au dernier arrivé dans le bahut ou à la bonne sœur ou au frère ignorantin membres du GODF ou du PS.

La seule question que soulève ce nouvel enseignement qui viendra couronner la fabrication de crétins est la compatibilité entre le nom « morale » et l’adjectif « laïque ». On ne sait pas trop ce qu’est la morale, sinon que c’est en rapport avec les mœurs et que c’est lié à l’existence du mal, la morale apprenant à distinguer le bien du mal. En revanche, on sait ce que signifie « laïque ». Cet adjectif ou nom, qui s’écrit lai, laïc, laïque, a pour étymon l’adjectif latin laicus qui a été d’abord en usage dans l’Eglise et qui est emprunté au grec laikos, dérivé du nom laos signifiant "peuple". La forme peut varier, mais pas le sens. Dans le Dictionnaire de l’Académie française (1762), est laïque ce « qui n’est ni ecclésiastique ni religieux ». Littré (Dictionnaire de la Langue française, 1863-77) le définit comme ce « qui n’est ni ecclésiastique ni religieux » et ce « qui est propre aux personnes laïques ». Dans le Dictionnaire de l’Académie française (1935 et neuvième édition, en cours de publication), les deux sens distingués par Littré sont définis : l’ancien, celui que l’histoire a légué (« qui n’est ni ecclésiastique, ni religieux, ni du clergé séculier, ni du clergé régulier »), et le nouveau, celui qui a été introduit par l’institution de la laïcité en 1882 et en 1905 : « qui est étranger à toute confession ou doctrine religieuse ».

Selon Chateaubriand, « le nom laïque fut inventé pour distinguer l’homme qui n’était pas engagé dans les ordres du corps général du clergé ». C’est le cas des maîtres des écoles publiques : aucun n’est prêtre, rabbin, pasteur, imam, gourou… Comme cet enseignement de morale est destiné à être dispensé dans les écoles publiques, celles qui dépendent de l’Etat, et que ces écoles sont laïques, c’est par pléonasme qu’il est qualifié de laïque : il ne peut pas être autre chose que laïque.

Payons aurait dû annoncer qu’il imposait un enseignement de morale. Il était inutile d’ajouter qu’elle serait laïque. A moins que cet adjectif ne soit un leurre ou une étiquette frauduleuse, les socialos étant experts en affichages mensongers. On répète laïque, laïque, laïque, des milliers de fois, mais on dispense un enseignement imprégné de cette nouvelle religion d’Etat qui a supplanté les anciennes mœurs de la France et des Français. C’est ce que laisse entendre M. Payons, quand il évoque le déjà fameux « vivre-ensemble », le « métissage » obligatoire (métisser, au XIXe siècle, c’était mélanger une race inférieure à une race supérieure afin d’améliorer la race inférieure), le respect des différences à condition que celles-ci ne soient pas indigènes. Ce vivre ensemble et tout ce qu’il charrie sont la morale laïque des banlieues. On vit ensemble après avoir chassé du territoire que l’on occupe ceux qui ne sont pas d’une race pure, on partage les mêmes valeurs (le butin de la nuit), on prie de concert et de conserve, on a les mêmes rituels.

 

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