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19 mai 2013

Récession

 

 

En latin, recessio est « l’action de s’éloigner » par « une marche en arrière ». Le mot désigne donc un mouvement propre aux êtres animés.

Le nom récession qui en est emprunté est attesté en 1864 dans un compte rendu de l’Académie des sciences. C’est donc un terme moderne, dont le sens est proche du sens latin. Pour Littré (Dictionnaire de la langue française, 1863-77), c’est « l’action de se retirer », définition qu’il illustre de cet extrait de l’Académie des sciences : « la disparition du renne de notre Europe tempérée est le résultat de l’extinction régionale de cette espèce, ou bien de son refoulement par le développement progressif des sociétés humaines, ou bien encore, si l’on veut, de la récession graduelle et spontanée par suite de changement dans les conditions climatériques ». Les académiciens, qui se défient de tout ce qui est moderne ou trop moderne, ne le relèvent ni dans la septième édition (1878), ni dans la huitième édition (1932-35) de leur Dictionnaire.

C’est aussi un mot savant. En astronomie, c’est « l’éloignement progressif des galaxies les unes des autres » ; dans les sciences naturelles et en géologie, c’est la « décroissance du débit d’une source » ou la « rétraction des glaciers se traduisant par une diminution de la surface qu’ils recouvrent » (Trésor de la langue française, 1971-94).

Mais ce qui fait le succès de récession, c’est son emploi par les économistes à l’imitation, dans les années 1950, du jargon des économistes et financiers anglo-américains, où il a pour sens « slackening of business and industrial activity » (Oxford Advanced Learner’s Dictionary of Current English, troisième édition, 1974). L’exemple qui illustre ce sens anglais dit éloquemment ce qu’est une récession : « the recession caused a lot of unemployment ». Dans le TLF, il est défini ainsi : « ralentissement de l’activité économique d’un pays, caractérisé par une diminution de l’investissement et une augmentation du chômage, mais n’affectant pas nécessairement le mouvement des prix ». On conçoit donc qu’aujourd’hui ceux qui exercent le pouvoir aient le sentiment de marcher sur des œufs quand ils doivent employer un mot aussi sinistre. Pourtant, de bonnes fées se sont penchées sur son berceau : la science, l’économie, l’anglais des Etats-Unis. Avec comme parrains et marraines les media, la presse, l’université, l’école, les discours branchés, récession ne pouvait connaître rien d’autre que le triomphe qui va durer dans les années qui viennent.

 

 

Commentaires

mon trajet de vendredi

http://decadence-europa.over-blog.com/article-la-bourgogne-117868771.html

Écrit par : amédée | 19 mai 2013

M'sieu Arouet

je viens de finir le livre
l'officier sans nom de Guy des cars
je vous le recommande si vous le trouvez

décrivant sa guerre en première ligne en 39 & 40 , il traduit bien l'impréparation , l'incurie de l'armée française ( la meilleure armée du monde !) enfin du commandement
' on se sentait anéanti devant l'imprévoyancedont les hauts responsables avaient fait preuve depuis des années , on demeurait bouleversé à la pensée qu'il n'avait suffi que de quelques semaines de guerre véritable -depuis la matin du 10 mai-pour aboutir à ce néant
à l'heure ou flanby vient compléter le massacre de Nabuchodonosor


http://decadence-europa.over-blog.com/article-epee-brisee-117705658.html
décrivant les combats au Harbusch au Michelsberg , et sur le canal de l'Ailette , paysages que je connais ,c'est un livre de très haute qualité

Je recommande aussi
' la tristesse du cerf-volant' Françoise Mallet-Joris 1988 grande qualité de français

Écrit par : amédée | 19 mai 2013

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