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05 septembre 2013

Faillite des sciences sociales

 

 

 

 

Dans les années 1960, l’orientaliste Berque, du Collège de France, présentait le coup d’Etat qui, en 1952, a fait basculer l’Egypte dans l’abîme des défaites militaires et de la régression sociale, comme l’aube d’un jour nouveau et il se réjouissait que les putschistes aient mis fin à la seule expérience démocratique qu’un pays arabe ait connue entre 1920 et 1952. Les islamologues ont menti sur Khomeiny, sur le réveil de l’Iran annoncé tous les matins depuis dix ans et repoussé tous les soirs aux lendemains qui chantent, sur l’échec de l’islam politique, sur le FLN qui n’éclairait le tiers monde opprimé que pour mieux enfouir le peuple algérien dans la nuit de l’obscurantisme et de la xénophobie. Ils ont menti sur la possibilité de concilier islam et démocratie, sur le néocolonialisme, sur la prétendue libération des peuples du Proche Orient qui n'est qu'un énième asservissement et dont la seule utilité a été de cacher la politique de purification ethnique et religieuse qui a chassé des pays du Sud de la Méditerranée les infidèles, mécréants, impurs, étrangers, sur les forces « palestino-progressistes » dont le progressisme a consisté à faire main basse sur le Liban, sur les raïs « progressistes » qui ne sont rien d’autre que des chefs mafieux, etc. 

Voilà cinquante ans que les orientalistes vendent leurs blagues pour de la vérité. S'ils n'étaient que des militants de ces ineffables partis marxistes léninistes révolutionnaires polpotiens staliniens trotskistes maoïstes, cela ne prêterait pas à conséquence. Le problème est qu’ils sont tous docteurs ès sciences sociales. Ils sont MCF ou PR ou DR au CNRS. Ils dirigent des équipes, les ministres les consultent, on leur prodigue crédits et avantages divers. Ils vont à Bagdad, au Caire, à Damas, à Fès, à Alger, à Islamabad, Samarkand, etc. Leurs thèses trouvent des échos favorables dans les ministères, les ambassades, les journaux, les revues. Au début des années 1960, ils ont même esquissé les grandes lignes de la « politique arabe », dont l’objectif était de restaurer au Proche Orient et en Afrique du Nord l’influence séculaire que la France y exerçait mais que l’expédition de Suez et l’interminable guerre d’Algérie lui avaient fait perdre.

Cette constance à produire de l’erreur sur le monde arabo-islamique, mais aussi sur les jeunes, sur les incivilités de l’école, sur le racisme des populations de banlieue, discrédite leur « science » et les institutions, Université et CNRS, qui leur offrent une tribune. Les docteurs n’ont jamais fait preuve de courage. Leur camp, c’est Cauchon. La sorcière qu’ils font brûler, c’est la vérité. Dans la Résistance, ils se comptaient sur les doigts d’une main. De fait, ils restent fidèles à ce qu’ils sont. Au Proche Orient, ils se prosternent aux pieds de « notre ami le Roi » ou raïs ou président à vie ou puissant du moment. Les marxistes ont baptisé science l’idéologie. Les experts en Orient imitent leurs maîtres. Des gogos les croient. L’Université avait pour raison d’être l’étude et le savoir. Elle ne se nourrit plus qu'aux deux mamelles de l’imposture et de l'ignorance.

 

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