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07 septembre 2013

Il n'y a pas de religion plus privilégiée que l'islam

 

 

 

 

            Imaginons que la Turquie ait été ou soit restée « chrétienne ». L’hypothèse n’est pas absurde, puisque c’est en Cappadoce, en Arménie, à Smyrne, Chalcédoine, Constantinople, Nicée, que le christianisme s’est épanoui, avant que les Turcs, immigrés d’Asie centrale, ne conquièrent l’Asie mineure grecque ou arménienne et ne l’islamisent totalement par le sabre. Eh bien, nous pouvons être certains que les pays démocratiques d’Europe, sans en excepter un seul, et les autres pays démocratiques du monde refuseraient d’entretenir des relations politiques avec la Turquie. Tout ce qui a été objecté à la Grèce des colonels, au Chili de Pinochet, à l’Espagne de Franco, au Portugal de Salazar, à l’Allemagne d’Hitler (fascisme, racisme, violation des droits de l’homme, haine de la démocratie, mépris des femmes, etc.) nous serait seriné à longueur d’antenne pour que la Turquie soit maintenue hors de la sphère des pays civilisés. On nous rappellerait que les démocraties ne négocient pas avec les pays qui font l’apologie des crimes contre l’humanité et que négocier avec ces pays, ce serait nier ce que l’on est. On nous rappellerait que les démocraties ne négocient pas avec les pays qui ont été purifiés, ethniquement et religieusement, par la violence et que négocier avec ces pays, c’est se faire complice du racisme. On nous rappellerait que les démocraties ne négocient pas avec un pays qui occupe, militairement et en violation de toutes les lois humaines, l’île de Chypre, que son appartenance à l’Onu et à l’Union européenne n’a pas préservée de malheurs que l’on croyait propres aux époques barbares, et que négocier avec ce pays, c’est faire prévaloir la force sur le droit. On nous rappellerait que les démocraties ne négocient pas avec un gouvernement d’obédience wahhabite qui cherche à instaurer la charia et prône l’islamisation de la planète, et que négocier avec ce pays, c’est s’humilier. Même si la Turquie chrétienne s’était trouvée en Europe, il aurait été jugé obscène ou inconvenant ou insultant pour ses millions de victimes que des démocraties envisagent la possibilité d’ouvrir des négociations pour qu’elle adhère un jour, non pas dans quinze ou vingt ans, mais dans un siècle ou deux, à une construction politique, laquelle se flatte, dans son projet de constitution, d’être fondée sur la « dignité humaine », les droits de l’homme, les libertés, la solidarité, etc. et dont la valeur suprême est, prétend-elle, le respect de la « personne humaine ».

            En vérité, ce que montre l’adhésion annoncée, c’est que la Turquie jouit de traitements hors du commun et qu’elle bénéficie, avant même d’intégrer l’Europe, de privilèges inouïs. Les dirigeants de l’Union européenne sont même prêts à piétiner sans scrupule, sans hésitation, sans état d’âme, sans remords, tous les beaux principes, toutes les bonnes intentions, toutes les admirables professions de foi dont ils se gargarisent, et ce, pour intégrer un pays d’Asie à l’Etat politique qu’ils ambitionnent d’établir en Europe. Sont-ils devenus fous ? La raison politique leur fait-elle perdre la raison ? Ou bien est-ce parce que la Turquie est islamique qu’il faut qu’elle devienne européenne ? Est-ce l’islam qui la sanctifie ? Est-ce que l’islam est tabou ? Ou bien est-ce parce que le sabre de l’islam terrorise les dirigeants de l’Europe que, ceux-ci, par lâcheté ou veulerie, se préparent, comme Daladier et Chamberlain, à la servitude ?

 

            L’aveuglement est d’autant plus incompréhensible qu’il rompt avec une lucidité ancienne. Il fut un temps – hélas révolu – où les élites de France et d’Europe n’hésitaient pas à tenir sur la Turquie et sur l’islam un discours sans fard.  Voici, entre autres exemples, dans quels termes insolents Victor Hugo, dans La Légende des Siècles (Partie III l’Islam), décrit Mahomet le prophète.

« Le divin Mahomet enfourchait tour à tour / Son mulet Daïdol et son âne Yafour ; / Car le sage lui-même a, selon l’occurrence, / Son jour d’entêtement et son jour d’ignorance. »

Voici encore le poème intitulé « 1453 » qu’il consacre, dans la partie VI de la Légende des siècles, au siège de Constantinople et dans lequel il prédit (ce en quoi il s’est bien trompé) que la France libèrera les territoires byzantins que Mehmet (Mahomet en turc) a conquis cette année-là :

« Les Turcs, devant Constantinople, / Virent un géant chevalier / A l’écu d’or et de sinople, / Suivi d’un lion familier. / Mahomet Deux, sous les murailles, / Lui cria : « Qu’es-tu ? » Le géant / Dit : « Je m’appelle Funérailles, / Et toi, tu t’appelles Néant. / Mon nom sous le soleil est France. / Je reviendrai dans la clarté, / J’apporterai la délivrance, /J’amènerai la liberté »…

            Ce dont on est sûr, c’est que cette prédiction ne sera jamais réalisée et que ni Fabius, ni Moscovici, ni Mamère, ni Guigou, ni Hollande, ni Cohn-Bendit « n’amèneront la liberté » et qu’eux aussi, comme les collabos, ils préfèreront la servitude à la « délivrance ».

Quand ils étaient « grands », cultivés, épris de vérité, soucieux d’histoire, les écrivains de France savaient qui étaient les Turcs. Voici les crimes que Victor Hugo, dans La Légende des siècles, attribue à l’un des innombrables conquérants turcs, le Sultan Mourad :

« Dans son sérail veillaient les lions accroupis ; / Et Mourad en couvrit de meurtres les tapis ; / On y voyait blanchir des os entre les dalles ; / Un long fleuve de sang de dessous ses sandales / Sortait, et s’épandait sur la terre, inondant / L’Orient, et fumant dans l’ombre en Occident. »

Le recueil poétique Les Orientales, publié en 1829, est un inventaire des crimes contre l’humanité commis par les Turcs, au début du XIXe siècle, dans les territoires grecs qu’ils ont colonisés pendant quatre siècles. Les « massacres de Chio » sont un événement historique que Victor Hugo, en poésie, et Delacroix, en peinture, ont rendu célèbre. Le poème intitulé « L’enfant » commence ainsi : « Les turcs ont passé là. Tout est ruine et deuil » ; et se il termine par ces deux vers : « Ami, dit l’enfant grec, dit l’enfant aux yeux bleus, / Je veux de la poudre et des balles ». Deux siècles plus tard, ce sont des montagnes d’euros dont les dirigeants de l’Union vont dépouiller les citoyens d’Europe et qu’ils offriront aux Turcs. Ce ne sont plus des aides qu’ils versent, c’est l’impôt de dhimmitude ou jiziya dont ils s’acquittent.

Victor Hugo n’est pas le seul, ni le premier à avoir dit sans fard la vérité sur les Turcs et sur l’islam. Dans le Discours sur les sciences et les arts (1750), Jean-Jacques Rousseau, qui pensait bien en toute occasion et dont le Contrat social a sans doute inspiré Chirac, Guigou, Moscovici, Cohn-Bendit et la clique turcophile, expose les facteurs qui ont produit, à la fin du XVe s., la Renaissance des arts et des lettres en Europe. C’est la stupidité turque qui a suscité la Renaissance de l’Europe.

« L’Europe était retombée dans la barbarie des premiers âges. Les peuples de cette partie du monde aujourd'hui si éclairée vivaient, il y a quelques siècles (comprendre : au Moyen Age), dans un état pire que l'ignorance. Je ne sais quel jargon scientifique, encore plus méprisable que l’ignorance, avait usurpé le nom du savoir, et opposait à son retour un obstacle presque invincible. Il fallait une révolution pour rame­ner les hommes au sens commun ; elle vint enfin du côté d’où on l’aurait le moins attendue. Ce fut le stupide Musulman, ce fut l’éternel fléau des lettres qui les fit renaître parmi nous. La chute du trône de Constantin (id est la prise de Constantinople en 1453) porta dans l’Italie les débris de l’ancienne Grèce. La France s’enrichit à son tour de ces précieuses dépouilles. Bientôt les sciences suivirent les lettres ; à l’art d’écrire se joignit l’art de penser ; gradation qui paraît étrange et qui n’est peut-être que trop naturelle ; et l’on commença à sentir le principal avantage du commerce des Muses, celui de rendre les hommes plus sociables en leur inspirant le désir de se plaire les uns aux autres par des ouvrages dignes de leur approbation mutuelle. »

Les écrivains européens n’ont pas été en reste avec Rousseau ou Hugo. Parmi tous ceux qui ont résisté, il convient de rendre hommage au Bulgare Ivan Vazov, auteur de « Sous le joug » (paru en 1889), un roman admirable qui raconte les crimes abominables que les Turcs ont commis pour maintenir sous leur sabre sanglant les courageux habitants de Bulgarie. C’est un roman dont la lecture devrait être rendue obligatoire à l’ENA, à l’Assemblée nationale, au Parlement européen, à la Commission de Bruxelles et dans toutes les institutions de l’Europe. Il éclairerait peut-être Guigou, Cohn-Bendit, Chirac, Moscovici et alii, mais il n’est pas certain que les aveugles veuillent recouvrer la vue. Vivre dans les ténèbres repose, comme vivre couché.

            Malgré tout, essayons de braquer un faisceau de lumière sur quelques faits, dont les puissants du jour ont décidé qu’ils allaient rester dans l’ombre.  En 1920, un traité de paix a été signé à Sèvres entre les puissances victorieuses de la guerre de 1914-1918, dont la France et l’Angleterre, et l’Empire ottoman, qui avait été l’allié fidèle de deux Reich : l’Allemagne et l’Autriche. C’est un traité admirable qui prévoyait la création dans la partie orientale de la Turquie actuelle d’un Etat arménien, libre, souverain et indépendant, avec des frontières reconnues par la communauté internationale et garanties par le président des Etats-Unis d’Amérique, et où les survivants du grand massacre de 1896, des massacres d’Hadana en 1909 et du génocide des années 1915-1916 auraient dû trouver refuge. Il prévoyait aussi la création dans la partie méridionale de la Turquie d’un Etat kurde, libre, souverain et indépendant. Si les Kurdes en avaient bénéficié, ils n’auraient pas subi les massacres de masse que leurs voisins leur infligent depuis près de trois-quarts de siècle. Il prévoyait enfin la restitution aux Grecs de la façade maritime de la partie occidentale de la Turquie. Il prévoyait que les 7 ou 8 millions de Turcs d’alors conserveraient la moitié du territoire de la Turquie actuelle, ce qui équivalait à la superficie de l’Italie. Or, et cela ne s’est jamais vu dans l’histoire de l’humanité, les Turcs ont rejeté la signature de leurs propres autorités et, sous la direction d’officiers allemands, ils ont mené une guerre sans merci pour annuler le traité de Sèvres, qui ne leur convenait pas. Ce fut la première capitulation des puissances européennes. 

La « laïcité » prend trois formes dans le monde, là où elle existe, loin des théocraties que sont l’Arabie saoudite, l’Iran, la Mauritanie, le Soudan et quelques autres pays méprisables : la séparation de l’Etat et de la religion, la sécularisation, le contrôle de la religion par l’Etat.  Lorsque la religion est séparée de l’Etat, comme c’est le cas en France, l’Etat ne construit ni église, ni mosquée, ni synagogue, ni temple, ni cimetières privés, il ne rémunère pas les ministres du culte. La contrepartie est qu’il lui est interdit d’intervenir dans les affaires religieuses et de contrôler le clergé, qui retrouve ainsi, bien qu’il soit appauvri, une liberté presque totale. Le phénomène de sécularisation que l’on observe en Europe et en Occident depuis un demi siècle (ou plus) se caractérise par des mutations qui touchent le christianisme et le judaïsme. Alors que ces religions sont censées s’occuper en priorité des relations avec le Ciel, peu à peu, elles se « sécularisent ». Le christianisme qui, en théorie, est une religion du salut se tourne de plus en plus souvent vers des activités sociales. Le judaïsme perd peu à peu sa vocation juridique, en acceptant les lois des pays dans lesquels les Juifs vivent. Le terme « laïcité » sert aussi à désigner le contrôle de la religion par l’Etat. C’est la solution détestable qu’ont adoptée les régimes communistes, quand ils se sont lassés de persécuter les chrétiens. Ce sont ces formes que prend la laïcité dans quelques pays arabes et musulmans, tels que l’Algérie (du temps de Boumedienne), de l’Irak sous Hussein, de l’Egypte de Nasser, de la Syrie sous Assad et surtout de la Turquie de Mustapha Kemal, dit Atatürk, et d’Ismet Inonü, entre 1923 et 1950. La laïcité à la turque dont on nous rebat les oreilles est la forme totalitaire et haïssable que prend la laïcité. En réalité, c’est une pseudo laïcité. Il vaudrait mieux dire, pour désigner cet état de choses, « soumission de la religion à l’ordre politique ».

Or, en Turquie, même cette pseudo laïcité est morte, comme elle est morte en Egypte ou en Irak. En effet, pendant dix ans, entre 1950 et 1960, la Turquie a été gouvernée par un parti islamique, dont la politique a consisté à annuler la plupart des lois, dites à tort laïques, de Mustapha Kemal. Les confréries qui ont islamisé les Turcs et l’Asie mineure ont été à nouveau autorisées, l’enseignement de la seule religion islamique a été rétabli dans les écoles publiques, et il a été imposé aux non musulmans, l’Etat a créé des écoles de formation d’imams et de prédicateurs, dont le premier ministre actuel, Erdogan, a été l’élève assidu, les chrétiens et les juifs qui ont survécu aux massacres ont été contraints de se taire et ils se sont terrés dans leur coin, victimes de discriminations immondes. Evoquer la laïcité à propos de la Turquie, c’est croire que la démocratie a existé en URSS, c’est invoquer le dahu ou le zombie, c’est tromper les Européens en leur faisant croire aux fantômes.

 

Malgré les attentats, les massacres de masse, les crimes contre l’humanité qui se produisent chaque jour dans les pays musulmans ou dans les pays qui ne sont pas dans la sphère d’influence de l’islam, les démocraties croient qu’elles vont « garder leur âme », en négociant ou en collaborant avec l’islam qui inspire, provoque ou organise ces attentats, massacres, crimes contre l’humanité. Que cet islam soit politique, frère musulman, wahhabite, salafiste, de prédication ou autre, peu importe. Les tragédies du XXe siècle nous ont appris que ceux qui composaient avec la Bête immonde, non seulement perdaient leur âme, mais aussi se suicidaient. Le parti qui gouverne la Turquie et qui contrôle tous les organes du pouvoir n’est pas celui de Mustapha Kemal, il n’est pas non plus le parti social démocrate d’Ecevit, c’est un parti wahabite, financé par les Saoudiens, c’est le parti du sabre et des mosquées, des turbans et des voiles,  de la haine des femmes, des étrangers, des chrétiens, qui professe les mêmes croyances que Ben Laden et ses acolytes et dont il ne se distingue que par la stratégie. L’islam politique a deux objectifs. Le premier est la ré-islamisation sur le modèle saoudien des pays musulmans et de tous les musulmans, où qu’ils vivent. Le second est l’islamisation de la planète – c’est-à-dire l’imposition à toute l’humanité de la « loi » islamique. Le Turc Erdogan, qui est l’âme damnée des Saoudiens, pense atteindre le second objectif, quand le premier aura été réalisé ; Ben Laden pensait parvenir aux deux objectifs en même temps : voilà ce qui les sépare. C’est de l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette. 

 

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