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28 septembre 2013

Islamophobie, encore et toujours !

 

 

 

Islamophobie est récent. Ce terme n’est enregistré ni dans le Trésor de la langue française (1971-94), ni dans la neuvième édition du Dictionnaire de l’Académie française (en cours de publication depuis 1994). Il est dans Le Petit Robert depuis sept ou huit ans et défini comme le définissent les musulmans, les militants de l’islam politique, les salafistes et tous ceux qui se prosternent devant les barbus de Téhéran, et qui tentent, en usant de ce mot frelaté, d’imputer du racisme à tous ceux qui osent (mais ils ne sont pas nombreux) émettre la moindre critique à leur encontre ou tous ceux qui n’aiment ni l’islam, ni les musulmans. La présence d’islamophobie dans ce « dictionnaire » est tout à fait dans l’ordre des choses qu’impose son éditeur, célèbre pour son esprit collabo.

Le préfixe anti sert à former des milliers de mots. D’un individu ou d’un groupe d’individus, d’une pensée, d’un pays, d’une organisation, qui, entre 1930 et 1945, ont rejeté ou critiqué le socialisme national ou s’y sont opposés, on dit qu’ils sont antinazis. Les jésuites de Lyon qui, en 1941, ont fondé Témoignage catholique devenu, par souci d’œcuménisme, Témoignage chrétien, et qui, dans une belle et émouvante prosopopée, ont exhorté la France « à ne pas perdre son âme », ce qu’elle faisait en collaborant avec les armées d’occupation, sont antinazis. Ceux qui critiquent le fascisme ou s’y opposent sont antifascistes. Ceux qui critiquent le christianisme sont antichrétiens. Voltaire qui critiquait la Révélation, dont il jugeait qu’elle était source d’abus, était anti-judaïque et antichrétien. Comme il déteste les despotes cruels, il a composé une tragédie, Mahomet, dans laquelle le prophète a les traits d’un tyran barbare. Voltaire peut être dit anti-musulman. Selon les auteurs du Trésor de la Langue Française, « anti- est toujours en expansion ». Ceux qu’horripilent les cyclistes, les camions, la dépression nerveuse, les fusées, la lune, sont ou peuvent être dits anticyclistes, anticamions, antilune, antifusées, antidépression. Il n’y a pas de limite à la formation de mots suivant ce modèle. En usant du mot ainsi forgé, le sujet parlant fait savoir qu’il est contre la notion, la chose, la personne désignée par le mot qui suit anti. C’est clair, simple, efficace, sans ambiguïté. Pourtant, anti ne suffit pas. Les réserves, même timides, sur les homosexuels ou leurs mœurs, valent à ceux qui les expriment d’être taxés d’homophobie. S’il est question d’islam, toute critique de cette religion et des musulmans, même bénigne, parfaitement légitime en France, puisqu’elle est reconnue par le droit de « libre communication des opinions et des pensées » (in Déclaration des droits de l’Homme, 1789), est islamophobie.

 

Phobie n’est pas neutre. En effet, la phobie n’est pas une répugnance ou une peur ordinaire : c’est un « symptôme névrotique », qui se caractérise par « une réaction d’angoisse ou une répulsion ressentie devant le même objet, la même personne ou une situation bien déterminée ». Classée parmi les « anomalies mentales », cette « peur excessive (...) conduit à une agressivité refoulée ou à un sentiment de culpabilité intense » « s’exprimant sous la forme d’une peur en apparence irrationnelle des lieux clos ou élevés, des chats, des orages ou de quelque autre parmi la quasi infinité des objets possibles de phobie » (Cerminara, 1982). Chaque fois qu’un citoyen ose dire ce qu’il est interdit de dire ou ose penser ce qu’il est interdit de penser, c’est-à-dire chaque fois qu’il fait usage de sa liberté, que lui garantit la déclaration des droits de l’homme, une maladie mentale est diagnostiquée et une place lui est réservée à l’hôpital psychiatrique. L’objectif n’est pas seulement de faire taire, il est aussi de faire honte. Se livrer à un examen critique de l’islam et de l’Islam, comme on le fait, sans la moindre retenue, du christianisme ou de la Chrétienté (abolie depuis des siècles), est ramenée à une folie.

La critique de l’islam en tant que religion (avec un i minuscule) ou de l’Islam (avec un I majuscule) en tant que civilisation, à partir du moment où elle est qualifiée d’islamophobie, devient taboue. Si, malgré l’interdit, elle se fait entendre, celui qui ose l’exprimer est un dérangé mental. Un libre penseur qui critique les chrétiens et le christianisme n’est pas christianophobe. Là où la critique raisonnée des dogmes est une phobie, la liberté d’examen est abolie. Dans les tyrannies, quelles qu’elles soient, modernes ou archaïques, communistes ou fascistes ou musulmanes, la liberté d’examen est impossible. C’est ce qui menace en France où il est fait obligation de renoncer à l’exercice du libre examen devant les forteresses islam et Islam. La stigmatisation islamophobe est le prodrome de futurs bûchers.

La relation existant entre les deux « mots », islam et phobie, qui composent islamophobie est ambiguë, islam étant complément du nom phobie : c’est, mot à mot, la phobie de l’islam. Or, les exemples de grammaire célèbres comme la « crainte » ou « la peur des ennemis » prouvent que ces constructions « nom (désignant un sentiment) + de + nom (désignant des personnes, une religion ou une entité composée d'êtres humains) » portent en elles deux sens opposés suivant que les personnes (les ennemis dans l'exemple ci-dessus) éprouvent de la haine ou en sont la cible. De la même manière, l'islamophobie peut désigner la haine vouée à l'islam et aux sectateurs de cette religion ou bien la haine phobique et même rabique que l'islam et les musulmans vouent aux juifs, aux païens, aux koufars et aux « associateurs » des traductions du Coran, c'est-à-dire aux chrétiens.

La première de ces haines est avérée dans de nombreux pays au monde : en Inde, en Afrique australe, en Arménie, en Europe du Sud-est et elle est justifiée par les innombrables crimes contre l'humanité, dont les musulmans se sont rendus coupables au cours de l'histoire, et jusqu'à aujourd'hui. Mais elle n'est guère avérée en France, sinon dans les discours des musulmans et affidés. Ce qui est attesté, c'est le contraire, l'islamophilie, l’amour de l’islam, la complaisance envers l’islam, l’impunité totale dont jouissent l’islam et les musulmans.

La seconde de ces haines, à savoir la haine que les musulmans vouent à ce qui n’est pas islam, est avérée depuis plus de quatorze siècles dans les faits, les événements, les textes fondateurs, le Coran, les hadiths, la Sunna, les textes de loi et les règlements en vigueur dans les pays musulmans. De fait, c’est l’islam qui nourrit une islamophobie délirante et ce sont les musulmans qui accablent d’une haine sans limite et sans fin leurs voisins, les étrangers, les autochtones, tous ceux qui n’ont pas prononcé la chouhada. Le racisme, le vrai, le racisme brut, primaire, le racisme des bas instincts et des tripes, le racisme pulsionnel, est là, consubstantiel à l’islam et à l’islamophobie qui nourrit les musulmans.

 

21 septembre 2013

Lumière des livres : 38

 

 

Henri Lopes, Dossier Classé, roman, Seuil, 2002.

 

Longtemps, nous avons cru qu’il était impossible de dire quelque vérité que ce fût sur l’Afrique, soit parce que nous étions « blancs », donc suspects a priori de racisme, soit parce que nous étions Français, donc nécessairement nostalgiques de l’ordre colonial révolu. Condamnés au silence, nous espérions qu’enfin, un Africain libre, « libre » comme il y a eu la France libre, courageux, intelligent, soucieux du Bien commun, dirait la Vérité sans tabou ni censure. Hélé Béji l’a fait pour l’Afrique du Nord. Un jour viendrait où un Africain déchirerait l’épais voile de mensonges dont les « sciences humaines et sociales », les media bien pensants et toute l’Université couvrent l’Afrique depuis quarante ans ou plus, de sorte que, quand nous savons, nous préférons nous taire, arguant qu’après tout, les affaires de l’Afrique sont l’affaire des Africains.

Un écrivain, romancier qui plus est, Henri Lopes, auteur de sept romans publiés, prouve, dans une œuvre de « fiction », Dossier classé, qui se déroule au Mossika, pays imaginaire, qui pourrait se nommer aussi bien Guinée que Togo ou Congo ou Bénin ou Mali, qu’on peut dire la vérité, à condition de s’affranchir de la censure qu’imposent les biens pensants, les tiers-mondistes, les marxistes non repentis, les antiracistes de profession et les haïsseurs sans limite de la France. Paradoxe : alors que les « sciences » humaines et sociales (sociologie,  ethnologie, anthropologie, etc.) mentent à qui mieux mieux, sans vergogne ni scrupule, le roman atteint le vrai. Or, ces sciences prétendent détenir seules la vérité, le roman sait qu’il est fiction et que les histoires qu’il raconte sont inventées. Henri Lopes a le courage ou l’audace ou l’inconscience (qu’on lui fera payer à n’en pas douter, ne serait-ce qu’en occultant son oeuvre) d’emprunter les voies de la fiction romanesque pour dire la Vérité. Quelle cure de jouvence, quelle séance d’oxygénation, quel moment d’allégresse que la lecture de son roman !

Dossier classé est tout à l’opposé du Cahier d’un retour au pays natal, cet ouvrage de Césaire qui a fait basculer tant d’intellectuels des années 1950 et 60 dans le politiquement correct. Ce serait plutôt horresco referens le cahier de la fuite du pays natal sans retour possible. Lazare Mayélé, universitaire récemment naturalisé américain, reporter à African Heritage, journal afro-américain identitaire, revient dans son pays, la République du Mossika, après un long exil en France, puis aux Etats-Unis, à la fois pour rédiger une série de reportages sur « l’ouverture à la démocratie » (nous sommes en 1992) après trente années de régime dictatorial et policier de parti unique, mais « progressiste » comme il se doit, et pour élucider les circonstances dans lesquelles son père, Bossuet Mayélé, avocat, ancien leader de la Fédération des Etudiants Africains en France et l’un des esprits les plus brillants de sa génération, a été enlevé en 1966, puis assassiné, par des miliciens au service du régime.

La réalité que Lazare découvre est politiquement très incorrecte. Le Mossika va à vau-l’eau. Rien ne fonctionne. Les routes, les rues, les voies ferrées, les bâtiments publics, plus rien n’est entretenu. Les droits élémentaires ne s’obtiennent que par la corruption ou les affinités claniques ou ethniques. La catastrophe que vit l’Afrique est sous-évaluée ou dissimulée. Si on en parle, c’est pour accuser l’Occident, les Blancs, la France,  l’impérialisme. « Il ne suffit pas de tout mettre sur le compte du colonialisme, de l’impérialisme et de faire l’apologie de nos sociétés communautaires… Nous ne sommes pas de bons sauvages, nous sommes des êtres aux mentalités médiévales ». Le narrateur, lui, regarde, observe, dit. Comme il n’est pas Tartufe, il ne s’embarrasse pas de précautions oratoires. « A trop répéter les conflits de l’époque coloniale, on risque de confondre les Français d’aujourd’hui avec les colons d’hier. Dois-je continuer de récriminer contre un ami sous prétexte que son grand-père a jadis giflé le mien ? Cet engouement irréfléchi pour le devoir de mémoire m’insupporte ». La crise économique et sociale dans laquelle s’est abîmé le Mossika est la conséquence de la gabegie, de l’incompétence, de l’inconscience, de la promotion à des postes de responsabilité d’individus cupides à partir des seuls critères de clan, ethnie, famille, etc.

Le journal afro-américain très politically correct où travaille Lazare diffuse la bonne parole des cultural studies élaborée dans les universités WHASP, blanches, anglo-saxonnes, protestantes : l’Afrique y est présentée comme le continent de la tolérance, du respect d’autrui, de la joie de vivre, des grands ancêtres, de l’innocence. Bien entendu, la réalité dément l’utopie. Lazare est métis. Au Mossika, il subit les plaisanteries racistes de ses « frères de couleur ». Il le dit et il l’écrit. Il observe les haines inter ethniques : il le dit et il l’écrit. Il constate aussi l’attachement des Africains à la France. Il l’écrit : « Au pays, les gens vivent le regard rivé sur la France, comme si elle demeurait la Métropole. Elle ne l’est plus administrativement, mais dans les cœurs, si. Saurais-je expliquer cette réalité à mes collègues d’African Heritage ? La France n’avait pas besoin de s’affûter une stratégie pour nous happer. Dans notre pirogue, nous pagayons de toutes nos forces, ivres de nous amarrer à elle ».   

Pour ce qui est de l’histoire récente, qui commence avec l’Indépendance, les personnages – sauf ceux qui jouissent des bienfaits du pouvoir – ne se gênent pas pour dire que tout allait mieux du temps des Blancs, que la société d’alors était moins injuste et que le peuple était mieux traité. « Du temps des Blancs, le mérite déterminait les promotions ; maintenant, (c’est) la tribu ». Le malheur a commencé avec l’accession au pouvoir de jeunes gens nourris de marxisme et des modèles cubains, algériens et tiers-mondistes : ils ont conduit leur pays à l’abîme. Bossuet Mayalé fut l’un de ces jeunes révolutionnaires marxistes. « Elle a décrit l’atmosphère révolutionnaire qui régnait à l’époque au Mossika. Les modèles étaient ce qu’on appelait les « démocraties populaires : le Viêt-nam, la Chine, Cuba, le « Che ». (…) Outre la tribu, votre père a été victime des idéologies de son temps. Des idées que lui-même avait semées à Paris, à Likolo (capitale du Mossika), dans la tête de ceux qui devinrent ses ennemis ». Il a été assassiné. « Dossier classé » conclut son fils, en rentrant chez lui, aux Etats Unis d’Amérique.

De ce roman noir (dans tous les sens du terme : les faits racontés se passent en Afrique noire, Lazare se fait « policier » pour enquêter sur l’assassinat de son père, l’analyse de la situation qui prévaut au Mossika est d’un pessimisme effrayant, compensé heureusement par une grande allégresse d’écriture), émerge un personnage positif : Monsieur Babéla, le vieux maître d’école à l’ancienne, qui cite Homère, Platon et Socrate, attaché à la France républicaine et laïque, au raisonnement, à la langue française. A Lazare qui développe devant lui la thèse de la langue française imposée par les maîtres à leurs sujets, il objecte : « Vous aussi…, vous répétez ces sornettes ? Cela fait partie des idées reçues. Mon père était déjà interprète à l’époque coloniale. Il avait perçu l’importance du français : langue clé pour notre instruction mais aussi langue de pouvoir. Ses enfants n’avaient le droit de s’adresser à lui qu’en français. (…) Nous avons poursuivi la conversation sur l’utilisation des langues au pays. Il les appelait autochtones et moi (Lazare) nationales. En fait, j’écoutais surtout Maître Babéla. Ses propos, à contre-courant, tant du discours officiel que des opinions de nos intellectuels, me permettaient de mieux saisir des comportements de la vie quotidienne qui m’avaient désarçonné ». C’est ce vieux maître d’école qui révèle à Lazare à la fin du roman ce que devrait être une nouvelle littérature africaine « Le roman n’a pas pour objectif d’informer, mais de former. Je lis pour me construire, m’amender. La lecture, c’est la prière ».

La chape de silence qui plombe l’Afrique est provisoirement levée. Les malheurs de l’Afrique viennent des Africains eux-mêmes certes, mais aussi des intellectuels européens qui ont insufflé aux jeunes instruits, dont Bossuet Mayélé, qui en est mort, des théories tiers-mondistes, marxistes, gauchistes, internationalistes, etc., qui, si elles avaient reçu un début d’application en France auraient conduit notre pays à l’abîme. Aussi ont-ils fait subir aux malheureux cobayes consentants d’Afrique l’expérience destructrice de soi, de ce que l’on est, de son être. Dire la vérité sur l’Afrique, comme le fait Henri Lopes, c’est nommer les inspirateurs idéologiques de sa destruction, c’est aussi jeter la suspicion sur les idéologies dominantes en Europe : multiculturalisme, tribalisme, communautarisme. L’Afrique préfigure ce que sera ou veut devenir l’Europe : un agrégat de tribus ou de communautés se haïssant les unes les autres, enfermées dans une identité fantasmée, parlant la langue des ancêtres, fût-ce un patois, etc. C’est la raison pour laquelle la réalité de l’Afrique est volontairement occultée. Henri Lopes ouvre un dossier. Gageons qu’il ne soit bientôt fermé et très vite classé, comme l’a été l’enquête sur l’assassinat de Bossuet Mayélé.

 

 

17 septembre 2013

Mots et maux de l'islam

 

 

 

Pendant des siècles, les Bororos et les Nambikwaras, qui sont les meilleurs hommes qui soient au monde, ont été décrits comme des sauvages, parce que nos ancêtres les ont jugés à partir des normes de l’Occident. En 1956, année où la maison Plon a publié de Cl. Lévi-Strauss Tristes Tropiques, tout a changé. Etudiés en eux-mêmes et pour eux-mêmes par un observateur détaché, froid, impartial, qui a su se départir des oripeaux de sa culture, ils nous paraissent cultivés, ils forment une société juste, ils mènent une existence adaptée au milieu dans lequel ils vivent, etc. Ce livre nous a appris à respecter l’Autre, c’est-à-dire à ne pas le réduire à ce que nous sommes ou que nous croyons être, à lui rendre sa dignité d’homme. Il nous a enseigné en outre que la plus détestable (et la plus trompeuse, fausse, abusive, etc.) des attitudes intellectuelles est l’ethnocentrisme ou ses variantes en - centrisme, tels européocentrisme ou occidentalocentrisme, parce qu’elle consiste à juger autrui à partir de valeurs qui ne sont pas les siennes. En bref l’ethnocentrisme n’est rien d’autre que du colonialisme intellectuel.

Ce qui est bon pour les Bororos et des Nambikwaras l’est aussi pour les Arabes et les musulmans. Il y a une trentaine d’années, le célèbre islamologue Jacques Berque publiait un livre intitulé Les langages des Arabes dans lequel il utilisait pour étudier les Arabes leur propre langue et restituait la façon dont eux-mêmes ils se percevaient. Il leur rendait ce dont ils avaient été dépossédés. A la même époque, un autre islamologue célèbre, Louis Gardet, dans Les Hommes de l’islam, nous enjoignait à ne pas étudier l’islam avec les concepts occidentaux, trompeurs, inadaptés, hostiles ou impurs, mais uniquement avec les concepts islamiques   

Soit islamisme. Un peu de science est nécessaire. Islamisme est un nom formé « par dérivation » à partir d’une base nominale (le nom islam emprunté à l’arabe, qui signifie « soumission »), à laquelle a été ajouté le suffixe - isme, emprunté au latin, lequel l’a emprunté au grec. Ce suffixe, très productif, sert à former, d’abord en latin scolastique, puis en français, des noms qui désignent une doctrine, une croyance, un système, un mode vie et de pensée, etc. C’est un nom français et de formation française. Il n’est pas emprunté à l’arabe. Il n’existe pas en arabe. En français, il est « bien » formé, au sens où les règles qui régissent la formation des noms exprimant une croyance (etc.) sont appliquées. Il est attesté dans notre langue pour la première fois en 1697 dans la Bibliothèque orientale de d’Herbelot. On sait pourquoi ce savant a forgé ce nom. En français, les noms qui désignent une croyance sont tous terminés par - isme : christianisme, protestantisme, bouddhisme, catholicisme, shintoïsme, animisme, paganisme, etc. Seul (ou quasiment seul), islam échappe à cette règle morphologique. Par analogie et pour le franciser ou pour le naturaliser, pour en faire un mot français qui soit un pendant à christianisme, le suffixe - isme a été ajouté à islam, sans que cette adjonction ajoute quoi que ce soit au sens de ce nom.

En effet, islamisme est relevé dans les dictionnaires comme un synonyme d’islam. Dans le Dictionnaire de la Langue française d’Emile Littré, publié dans la deuxième moitié du XIXe s, islamisme est suivi des deux acceptions « 1° la religion de Mahomet. 2° L’ensemble des pays où règne cette religion, dans le même sens que chrétienté par rapport aux pays chrétiens ». Islam a aussi deux acceptions « religion des mahométans » et « pays musulmans ». Comparons les significations. Il suffit de les lire pour constater qu’elles sont identiques. Le Trésor de la Langue Française, 16 volumes, œuvre des meilleurs linguistes de France, monument de la science lexicographique française, publié par les Editions du CNRS, relève dans son volume 10, publié en 1983, islamisme, suivi de la seule acception suivante : « Religion des musulmans. Synonyme : islam ». Il est donc faux

1° d’employer le nom français islamisme pour désigner des réalités du monde arabe et du monde musulman ; en arabe, on dit islam, la langue arabe ignore islamisme ;

2° d’employer islamisme dans un autre sens qu’islam, comme les bons apôtres qui plaquent sur les réalités de l’islam des mots qui y sont étrangers nous enjoignent de le faire.

On objectera sans doute que le sens des mots évolue, qu’il n’est pas établi ad vitam aeternam et que les hommes donnent aux mots des significations qui peuvent changer en fonction des événements. De fait, dans l’édition de 1992 du Petit Larousse (en grand format), islamisme signifie :

« 1. Vieilli. Religion musulmane, islam ». 

« 2. Mouvement politico-religieux préconisant l’islamisation complète, radicale, du droit, des institutions, du gouvernement dans les pays islamiques ».

On est en droit de juger étrange que les lexicographes de Larousse aient décidé de leur propre chef que le sens « islam » d’islamisme, sens établi neuf ans auparavant dans ce monument de la lexicographie du CNRS qu’est le Trésor de la Langue française, était « vieilli ». En général, dans un dictionnaire, une acception est considérée comme « vieillie » (d’autres adjectifs sont utilisés : « vieux », désuet ») quand elle n’est plus attestée depuis un siècle. Un sens qui « vieillit » en moins de dix ans, cela ne s’est jamais vu dans aucune entreprise lexicographique du monde, sur quelque langue qu’elle porte. Le « vieilli » du Petit Larousse (je le dis sans ironie) mériterait de figurer dans le Guiness des records !

Attardons-nous un instant sur la nouvelle définition d’islamisme qui figure dans le Petit Larousse. C’est un « mouvement politico-religieux préconisant l’islamisation complète, radicale, du droit, des institutions, du gouvernement dans les pays islamiques ». Qu’en est-il de cette définition ? Eh bien, c’est la définition exacte de l’islam, non pas comme foi, mais comme système politique, social et juridique, totalitaire par nature et par essence. Ce que, selon les lexicographes du Petit Larousse, « préconise l’islamisme » n’est rien d’autre que le dogme islamique, à savoir que l’islam soit l’islam et soit conforme tel quel, à un iota près, à ce qu’il a été pendant des siècles, jusqu’au début du XXe s. En effet, l’islam impose l’islamisation complète du droit, des institutions, du gouvernement dans les pays islamiques et même dans tout pays où vit un musulman. Le Coran l’exige. Mahomet l’a institué. En islam, tout est musulman, les hommes, les choses, les lois, les institutions, les gouvernements.

De fait, la mention vieilli qui apparaît dans cette définition est sujette à caution. On connaît les engagements idéologiques de la maison Larousse. On y est « progressiste » à souhait, bien pensant, très politiquement très correct. Tout ce qui pourrait ébrécher la statue parfaite de l’islam est gommé ou minimisé et la synonymie  islamisme = islam - qui pourrait porter tort, vu les événements, à l’islam, alors qu’elle en est consubstantielle - est renvoyée à un état de langue antérieur et révolu et jeté « dans les poubelles de l’histoire », diraient les marxistes. Autrement dit, le Petit Larousse, édition de 1992, n’est pas seulement une œuvre lexicographique, mais aussi une oeuvre idéologique, ce que l’on sait depuis longtemps. La séparation nette entre islam et islamisme, qui n’a pas de fondement conceptuel, le prouve. Ce faisant, les auteurs de ce dictionnaires se soumettent volens nolens à ceux qui, musulmans ou non, nous enjoignent de ne plus confondre islam et islamisme, bien que les Français, pendant plus de trois siècles, aient tenu ces deux noms pour des synonymes parfaits et qu’ils fussent fondés en droit et en fait à le faire.

Pourtant, dans les media, nous n’entendons plus que ce nom et l’adjectif islamiste qui en dérive. Le paradoxe consiste en ceci : pour désigner des réalités de l’islam, des gens bien intentionnés qui assènent qu’il faut respecter l’Autre n’hésitent pas à user de mots qui n’existent pas dans la langue de l’Autre et qui, tous, véhiculent une histoire et contiennent des points de vue étrangers à cette religion.

 

Soit l’expression mouvance islamiste que l’on entend dans les media et que l’on lit dans les journaux dans la bouche ou sous la plume de spécialistes. Elle soulève une double difficulté, qui est due à l’adjectif et au nom. Le Trésor de la langue française, dans son volume 10 de 1983, ne consacre pas d’entrée à islamiste (adjectif, au sens de relatif à l’islamisme), non plus qu’à l’emploi de cet adjectif comme nom désignant les personnes qui se réclament de l’islamisme. Quand je tape islamiste sur le clavier de mon PC, Windows 95, le mot apparaît sur l’écran souligné en rouge, parce que la fonction orthographique du logiciel de traitement de texte Word 97 (très récent) ignore cet adjectif et nom. Il n’est pas recensé dans les dictionnaires. D’ailleurs, il n’existe pas en arabe. Existe en français islamique (au sens de relatif à l’islam et qui correspond à l’adjectif arabe ISLAMIYYA, dérivé de islam), comme dans GIA, acronyme de Groupes Islamiques Armés. Islamiste, qui est un néologisme ou une invention (très récente) du français et du seul français, ne devrait pas être utilisé pour désigner des réalités de l’islam.

En revanche, mouvance existe bel et bien en français. Il est relevé aussi bien par Emile Littré dans son Dictionnaire de la langue française que par les lexicographes du Trésor de la langue française (volume 11, 1985). C’est un très vieux nom français, attesté pour la première fois en 1516 dans le Nouveau Coutumier Général. Ce nom est bien formé. Il est dérivé du verbe mouvoir, comme le participe présent et adjectif mouvant, par adjonction à la base verbale mouv - du suffixe -ance, longtemps tombé en désuétude, mais très productif au XXe s. surtout dans le vocabulaire de la science (cf. impédance, etc.). En français, c’est un terme de droit féodal dont le sens très précis est « dépendance d’un fief à l’égard d’un autre », l’adjectif mouvant, en jurisprudence féodale, signifiant « qui dépend de ». Dans la langue moderne, le nom est sorti du domaine très spécialisé qui était le sien et a pris le sens de « zone d’influence ». En 1967, Belorgey, dans Gouvernement et Administration française, l’emploie dans ce sens en parlant de l’information diffusée par la radio et la télévision, laquelle, avant le démantèlement de l’ORTF et la vente par l’Etat de ses participations dans des radios privées, est « un service public de fait » et le seul qui « s’appuie sur un organisme placé dans la mouvance de l’Etat ». De fait, cet organisme dépendait - quasi féodalement - de l’Etat et du ministre qui assumait au gouvernement la charge de l’Information.

L’expression mouvance islamiste est impropre et étrange, pour ne pas dire surréaliste. Pourquoi ? Elle désigne (employons un vocabulaire correct, au sens de « précis » ou de « propre », pas de « politiquement ou idéologiquement correct ») des organisations musulmanes ou islamiques (les adjectifs sont équivalents, musulmanes au sens où elles sont formées de musulmans ou de vrais croyants qui se réfèrent aux dogmes de l’islam), dont l’objectif affiché, répété, martelé, ressassé, etc. est d’islamiser par la force et la guerre la planète ou de conquérir le monde au nom de l’islam, et d’imiter la geste de Mahomet et de ses califes (ou « successeurs ») qui ont conquis et islamisé aux VIIe et VIIIe siècles la péninsule arabique, puis le Proche Orient, l’Asie Mineure, toute l’Afrique du Nord, une grande partie de la péninsule ibérique, la Sicile, etc. 

J’ignore la jurisprudence islamique ou le droit islamique. Pourtant, je doute que le concept, spécifiquement occidental et historiquement daté, puisqu’il a disparu de notre droit, de « dépendance dans lequel un fief existe par rapport à un autre », ait existé et existe dans l’islam et qu’il puisse justifier l’emploi de mouvance islamiste. Les spécialistes français de l’islam vitupèrent les Occidentaux supposés racistes et méprisants et les accusent sans cesse d’occidentalocentrisme ou d’européocentrisme : id est ils leur reprochent d’ignorer le langage de l’islam ou, pour parler comme Berque, les « langages des Arabes » : en bref, de parler de l’islam avec leurs concepts, de ne pas tenir compte des différences et de réduire cette religion à ce qu’ils sont. Or ce sont justement les « spécialistes » de l’islam qui emploient sans cesse islamisme et mouvance islamiste. Ils sont assez vigilants et même chatouilleux pour condamner le vocabulaire impur des autres, mais ils ne font pas preuve de la même vigilance pour juger le leur.

Il n’est pas très élégant et il est encore moins fondé de renvoyer des organisations authentiquement islamiques, qui utilisent les techniques de l’informatique, aux temps obscurs et obscurantistes de l’Occident féodal ! Mouvance islamiste est censé désigner des groupes qui se revendiquent de l’islam. Or, nous l’avons vu à propos d’islamisme, l’islamisme est un synonyme d’islam et il n’existe pas en tant que tel. C’est une pure invention, et très récente, des seuls Français. Il faudrait s’interroger sur la fonction pragmatique que ses inventeurs font jouer à ce terme. Quoi qu’il en soit, on ne peut pas en bonne rigueur user d’un terme réducteur, faux, erroné et qui désigne, si l’on se fonde sur le sens des mots, des réalités qui n’ont aucune existence.

 

Ouvrons un dictionnaire étymologique ou bien consultons à l’entrée assassin du Trésor de la Langue française l’article intitulé « histoire et étymologie ». Dans le Dictionnaire étymologique de la langue française d’Oscar Bloch et Walther Von Wartburg (1975, 6e édition, PUF), il est précisé que ce mot, attesté en français pour la première fois en 1560, est emprunté à l’italien assassino et que ce mot italien est la transcription d’un mot arabe hachichiya, dérivé de hachich (« herbe » et par extension « cannabis »), et dont le sens exact serait « buveur de hachisch » : en fait  « fumeur de hachisch », parce que, en arabe, le verbe boire est utilisé pour dire fumer et que l’on « boit une cigarette ». Suit dans l’article un court développement sur la secte dont les membres tuaient à l’arme blanche les autorités civiles qui leur déplaisaient. « On attribuait leur férocité à l’influence du hachisch qu’ils buvaient » (en fait, qu’ils fumaient). Telle est la « fable » que racontent dans tous les médias les journalistes et même les spécialistes de l’islam. Cette étymologie « fantaisiste » de assassin a été suggérée en 1809 par Silvestre de Sacy, un orientaliste distingué certes et friand de pittoresque, mais qui ignorait tout des lois de la linguistique historique.

Ouvrons le Trésor de la Langue française, volume 3, 1974. L’article « étymologie et histoire » qui suit l’entrée assassin est assez développé. Il est précisé que le pluriel *hachichiyyin n’est pas attesté en arabe. L’astérisque signale sa non attestation. Il existe bien un singulier hacchichiyya, mais pas de pluriel qui aurait pu justifier la terminaison italienne en - ino. De même, le passage du ch arabe à s italien n’est pas expliqué. Normalement, le mot italien et français aurait dû être hachachin ou hachichin. L’étymologie proposée est-elle exacte ? Les auteurs du Dictionnaire Historique de la langue française (Le Robert, 1992) font état des doutes exprimés par des spécialistes de la langue arabe. « Très critiquée par certains orientalistes, cette origine pourrait céder la place au substantif ‘asas « patrouille » et ‘asaas « gardien » (pluriel ‘asaasin) », l’apostrophe devant asas transcrivant la consonne arabe aïn ». Il existe en effet une racine ‘as « faire le guet » dont est dérivé le nom ‘asass « gardien », « surveillant », « veilleur de nuit ». Les auteurs ajoutent : « quoi qu’il en soit, c’est bien comme « fumeurs de haschich » que la secte a été connue en Occident »

En arabe, il existe une autre racine, AS, dont est dérivé le nom ASSASS, dont le pluriel est OUSSOUSS et qui signifie « base » ou « fondement ». L’adjectif qui en est dérivé et dont le sens est « fondamental » ou « essentiel » est ASSASSI. En arabe, loi organique ou institution se dit QANOUN ASSASSIYA. Ce que fait apparaître sûrement l’étymologie rétablie de assassin, c’est que ces doctrinaires de l’islam, les ASSASSIYIN, qui recouraient de façon systématique au meurtre comme un moyen d’éliminer ceux qui ne pensaient pas comme eux, et d’abord les chrétiens, ne tuaient pas parce qu’ils étaient sous l’emprise de la drogue, mais parce qu’ils se référaient aux fondements des textes religieux, dont ils se considéraient les seuls gardiens, comme si assassin et fondamentaliste étaient un même mot.

              

En français, les mots immigré et émigré sont neutres. Formés à partir d’une base latine (le verbe migrare), à laquelle sont ajoutés les préfixes - in et - ex ou - é, ils désignent deux procès ou actions inverses, celui d’entrer dans un pays et celui d’en sortir. Ils supposent un déplacement dans l’espace et le franchissement de frontières. Ce sont des termes réciproques, qui se répondent en quelque sorte : un émigré est aussi un immigré, et vice versa.

Qu’en est-il en arabe ? Pour l’islam, l’immigré à proprement parler n’existe pas. D’ailleurs, il y en a très peu dans les pays musulmans. Quand il y en a, ils sont souvent maltraités, soit qu’ils soient considérés comme des esclaves ou des bêtes de sommes, soit qu’ils soient des ennemis à éliminer, sauf si ce sont des expatriés européens ou américains protégés par des accords politiques, comme en Arabie saoudite. Ces hommes que nous désignons par le terme émigrés sont nommés en arabe mouhajiroun, c’est-à-dire, mot à mot, des « hommes de l’hégire », qui font ou refont l’hégire. L’hégire, an 622 de l’ère chrétienne, est le premier jour du comput islamique. Selon les musulmans, c’est le jour où commence leur histoire. Les musulmans qui émigrent sont censés répéter Mahomet, qui fut le premier mouhajir de l’islam, qui, en fuyant La Mecque pour se réfugier à Medine, a fondé l’islam. Pour l’islam, émigrer, ce n’est pas seulement se déplacer, c’est répandre la « vraie croyance », c’est islamiser de nouveaux territoires. D’ailleurs, les musulmans le disent, l’affirment, le ressassent. Une des nombreuses organisations islamiques qui, de Londres, justifient, légitiment, préparent des attentats un peu partout dans le monde, se nomme justement mouhajiroun. Or, personne ne les écoute. Les slogans qui résonnent dans de nombreuses mosquées aménagées en Europe et en France relèvent de cette logique fondatrice de l’émigration, vieille de quatorze siècles, aussi ancienne que l’islam. C’est « la loi d’Allah prime sur toutes les lois françaises », « là où vit un musulman, la loi d’Allah doit être appliquée » et « mort aux chrétiens et aux juifs » (ou aux infidèles et aux mécréants, comme on voudra).

En arabe, moudjahid signifie « celui qui fait le djihad », c’est-à-dire la guerre sainte, que le Coran légitime et sanctifie. Le mot désigne les soldats ou les combattants du djihad. En France, ils sont désignés d’un terme spécifiquement français, donc faux et trompeur, celui de terroristes, qui ne fait que masquer ou occulter ce qu’ils sont et ce qu’ils font. Terroristes est à prohiber. Pour les musulmans, il y a identité entre le mouhajir et le moudjahid, entre l’émigré et le combattant de l’islam, entre celui qui se met en route pour soumettre les infidèles à la loi d’Allah et le soldat qui brandit le sayf Allah (le sabre qui tranche les têtes libertines et les mains coupables).

 

En français, colonie signifie ou « établissement fondé par une nation dans un pays étranger » ou « réunion d’individus qui ont quitté un pays pour en peupler un autre ». Le verbe coloniser qui en dérive signifie « peupler par une colonie ». Le phénomène historique et universel de la colonisation désigne à la fois ce processus de peuplement et le résultat de ce processus. L’émigration massive de musulmans qui ont décidé de s’installer définitivement en Europe et en France est, au sens propre de ce terme, une colonisation. En Palestine, vivent des juifs. Ils ont eux aussi quitté leur pays, Israël, pour s’installer dans un pays voisin. Ils ont émigré. Or, de tous les émigrants du monde, ils sont les seuls à être qualifiés de « colons » et pis encore de « colons juifs ». Est-ce parce qu’ils sont juifs et pas musulmans ? Si l’inverse se produisait, on ne parlerait pas de colons musulmans. En France, vivent des colons islamiques. En France, se sont constituées depuis 20 ans des colonies islamiques. Or, ces mouhajiroun ne sont jamais désignés ni par les mots de leur langue, ni par des mots propres au français. Toujours, on use d’euphémismes. Des Marocains qui ont fomenté des émeutes à Thonon les Bains ont été qualifiés de Français originaires de Thonon : jamais de moudjahidoun. Leur vraie nature est apparue soudain, lorsque les corps de trois d’entre eux, tués dans un accident de la route, ont été rapatriés au Maroc pour y être inhumés.

         

Les spécialistes de l’islam jugent sacrilège d’étudier l’islam avec les concepts occidentaux, qui sont, comme chacun sait, impurs, impies et infidèles, donc à prohiber. Ce ne sont que d'horribles préjugés racistes d'Occidentaux dégénérés, dixit Gardet, in Les hommes de l'islam. Pourtant, dès qu'ils étudient les colonies islamiques qui sont établies en France et en Europe, le tabou est violé. Les concepts infidèles deviennent heuristiques. Ce qui est hachouma en islam devient sacré en terre infidèle. La belle tartuferie ! L’Autre étant autre, autant ne pas le considérer comme un semblable, afin de préserver son irréductible altérité et de respecter sa différence. La clarté, comme la vérité, sortent du vocabulaire juste et précis.  

 

 

 

11 septembre 2013

De l'islamisation de la France

 

 


La liberté de conscience est sacrée. C’est une des valeurs qui fondent notre civilisation : elle nous vient de Socrate, du Christ, de nos plus grands écrivains. De même que nous refusons que l’on nous impose ce que nous devons penser ou croire, de même nous ne pouvons pas empêcher qui que ce soit de croire au loup garou, au grand horloger, au grand ou au petit manitou, à la matière, à Allah. L’islam est un ordre politique totalitaire, au sens propre de cet adjectif : c’est un tout dans lequel ce qui n’est pas islamique est interdit ou combattu. Ce sont des croyances avec des obligations (chouhada, pèlerinage, prières, aumône donnée aux seuls fidèles, inversion des activités pendant le mois lunaire de ramadan : on mange la nuit, on dort le jour), mais c’est aussi un ensemble de lois (charia), de tabous (licite et illicite), de principes politiques. Notre devoir, si nous tenons à la démocratie et à la liberté, est de combattre l’ordre politique menaçant que répand partout l’islam sous la forme de régimes tyranniques, de crimes de masse et contre l’humanité, de haine vouée aux minorités, aux Juifs, aux chrétiens, etc.

Cet ordre politique se caractérise, entre autres, par trois principes : la souveraineté vient d’Allah, les non musulmans ne sont pas des citoyens normaux, l’obligation de djihad.

L’article 3 de la Déclaration de 1789 porte « le principe de souveraineté réside essentiellement dans la nation ». Les citoyens, à savoir les Français majeurs et jouissant de leurs droits civiques, sont les seuls détenteurs de la souveraineté : c’est d’eux et d’eux seuls, après en avoir délibéré, que la loi émane. Pour l’islam, ce principe est impie. En islam, les seules lois en vigueur sont celles qu’Allah a dictées à Mahomet. La souveraineté est d’Allah, pas des nations, encore moins des hommes, surtout si ces hommes sont des femmes. De fait, excluant la souveraineté, l’islam exclut la démocratie : alors que la démocratie s’étend dans le monde, elle n’a pas progressé d’un pouce dans les pays musulmans. Elle a même régressé dans certains pays, tels le Liban ou l’Egypte.

Cet ordre politique est totalitaire par le mépris qu’il voue aux non musulmans, aussi bien dans les pays musulmans que dans les quartiers islamisés des villes d’Europe. Les Juifs et les chrétiens sont dits dhimmis. Les païens, athées, hindouistes, sont condamnés. Dhimmi se traduit par « protégé », ce qui laisse entendre, à tort, que des lois protègent les chrétiens et les Juifs. La traduction la moins inexacte serait « tolérés ». Ils sont tolérés, comme sont tolérés des animaux ou des sous-hommes ou des citoyens de second ordre, méprisés, niés dans leur être, humiliés, barrés dans leur carrière, souvent victimes de pogroms ou d’exactions collectives. C’est que, dans l’islam, qui est censé achever la Révélation, ils n’ont plus de raison d’exister.

Cet ordre politique est régi enfin par l’obligation de djihad. Au VIIIe siècle, les théologiens ont transformé les crimes de guerre de la conquête islamique en normes juridiques. Le monde a été divisé en deux zones : « dar el islam » et « dar el harb » ou « maison de l’islam » et « maison de la guerre ». Dans le « dar el harb » (maison de la guerre), les chrétiens, les Juifs, les païens, les athées sont « harbis », combattus, tués ou réduits en esclavage. Dans le « dar el islam », les chrétiens et les Juifs, qui acceptent les lois discriminatoires de l’islam, sont « tolérés », au sens où les lois du djihad ne leur sont pas appliquées, du moins tant qu’ils se soumettent. C’est ainsi que les chrétiens d’Orient et les Juifs ont été victimes de massacres en 1860, 1861, 1894-96, 1909, 1915-16, 1920-23, 1927-28, 1948, 1952-56, dans les années 1960, comme ils l’ont été récemment à New York, Bali, Madrid, Londres, Paris, etc.

Le 6 novembre 2005, l’UOIF a édicté une fatwa pour interdire aux musulmans de participer de façon « aveugle » aux émeutes et a fait référence à des versets dans lesquels Allah condamne les semeurs de désordre et les transgresseurs. Or, dans le Coran, les semeurs de désordre sont désignés : ce sont les Juifs, et les transgresseurs sont les infidèles. En France, une organisation reconnue par l’Etat et à laquelle certains font des risettes peut se référer à des versets qui suintent la haine des Juifs ou à des versets appelant au djihad, sans que les autorités de la République émettent la moindre protestation.

Si l’islam n’était qu’une foi, il ne soulèverait pas de difficulté en France ou dans le monde. Ce n’est pas le cas, hélas. Il serait suicidaire que de s’aveugler, par naïveté ou ignorance, sur la dimension politique totalitaire et impitoyable de l’islam.

 

 

L’islamisation de la France n’est pas due au hasard. Elle résulte de mesures, de décisions, de lois, de règlements : en bref d’une volonté politique, qui s’est manifestée pour la première fois en 1976, quand les immigrés, qu’ils aient ou non un travail, ont été autorisés à faire venir en France leur famille. L’immigration de travail s’est muée en immigration de peuplement. Or, alors que des fractions de peuples ont pu s’installer légalement en France, les mêmes gouvernants ont institué dans les écoles, collèges et lycées des enseignements de langues et cultures d’origine (ELCO) réservés aux enfants du regroupement familial et assurés par des maîtres étrangers, rémunérés par les pays d’origine. Ces immigrés étaient autorisés à faire souche en France et, en même temps, ils étaient préparés à un hypothétique retour, qui n’a jamais eu lieu. Ils étaient appelés à devenir français et, en même temps, il leur a été refusé d’être des Français comme les autres. Ces lois schizophrènes ont été complétées en 1980 par un arrêt du Conseil d’Etat qui autorisait la polygamie à ces seuls étrangers et par des accords entre la France et le Maroc, au terme desquels la France reconnaissait la légalité de la répudiation, quand elle était prononcée au Maroc.

L’islamisation de la France s’est accélérée à partir de 1981. Au pouvoir, les socialistes ont abrogé la loi qui interdisait aux étrangers d’avoir des activités politiques sur le sol français. Le décret d’application était à peine publié qu’un Tunisien et un Irakien, poursuivis dans leur pays pour complot contre l’Etat, ont fondé l’UOIF, émanation des Frères musulmans, organisation fondée en 1928 pour détruire la démocratie impie, pour éliminer les Juifs et pour réislamiser les pays arabes. Puis ce fut le tour d’organisations du même acabit, la FNMF, le PMF, etc. En 1982, à force d’emprunts sans objet et de dépenses délirantes, la banqueroute menaçait. Mitterrand a dû trouver d’urgence plusieurs dizaines de milliards de francs pour payer les traitements de la clientèle socialiste. Le roi d’Arabie et sa famille ont accepté de prélever vingt ou trente milliards de francs sur leur fortune pour les prêter à 18% ou plus. En échange, ils ont obtenu que les musulmans qui vivaient en France (ils étaient alors un million et demi) ou qui viendraient à s’y installer (ils sont cinq millions aujourd’hui) soient formés, organisés, contrôlés par les religieux wahhabites. Un statut préférentiel a été accordé à la Ligue islamique mondiale et autres organisations contrôlées par les Saoudiens, ce qui leur a permis de distribuer des fonds colossaux sans contrôle. Des Marocains formés en Arabie à ce qu’il y a de pire dans l’islam (l’intégrisme) ont été envoyés en France pour y ré-islamiser les musulmans, dont certains avaient été naturalisés. Au pouvoir, les socialistes ont favorisé les ELCO, imposant même aux Kabyles et aux Berbères, au nom d’une conception frelatée de l’origine, d’apprendre, non pas leur langue ou leur culture, mais l’arabe et l’islam. En 1990, l’inspecteur général Bruno Halff a remis à Jospin, son ministre, un rapport resté secret, dans lequel il révélait que l’enseignement de l’arabe en ELCO était un enseignement religieux et que, dans les écoles, collèges, lycées publics, des imams, déguisés en enseignants, propageaient l’islam aux frais des citoyens français et au détriment de la République. Bien entendu, Jospin, dont le père était collabo et qui a été formaté dans une organisation trotskiste faisant l’apologie des crimes commis partout où les partisans de Lénine et Trotski ont accédé au pouvoir, n’a pris aucune mesure pour mettre fin au détournement de la loi. Pis, alors que les élèves d’origine étrangère jouissaient du droit de connaître leur langue et leur culture ou leur religion, Jospin a dénié ce même droit aux jeunes Français, à qui l’accès au patrimoine de leur propre pays a été quasiment refusé. Dans la loi Jospin du 14 juillet 1989, l’article 10 autorise les élèves, en violation de la laïcité, à afficher leurs préférences culturelles dans l’enceinte des écoles : ils reçoivent même des crédits pour cela. Deux mois plus tard, ont commencé les affaires de voile islamique. Au lieu de rétablir la laïcité, Jospin a sanctionné le directeur de collège qui interdisait l’oriflamme de conquête qu’est le voile islamique. En 1992, Jean-Claude Barreau a publié un livre qui a déplu aux puissances islamiques. Les ambassadeurs saoudiens, iraniens et autres ont fait pression sur le ministre Bianco, qui a suspendu M. Barreau des fonctions qu’il exerçait à l’OMI (Organisation des Migrations internationales). En 1995, M. Pasqua, Ministre de l’Intérieur, a interdit au dénommé Ramadan, le théoricien du djihad, l’accès du territoire français. Deux ans plus tard, Jospin a levé cette interdiction et fait du raciste Ramadan le porte-parole des banlieues islamisées.

 

Comme l’islamisation de la France n’est pas un hasard de l’histoire, mais le résultat de la politique menée par les socialistes, le processus n’est pas irréversible : ce qui a été fait par la loi peut être défait par la loi. Le regroupement familial peut être arrêté ou rendu plus difficile, les étrangers peuvent être interdits de créer des associations politiques, les ELCO peuvent être supprimés, les transferts de fonds en provenance d’organisations wahhabites ou prônant le djihad peuvent être interdits, la loi Jospin peut être abrogée, les associations racistes ou appelant au djihad peuvent être interdites et leurs militants renvoyés chez eux, etc. L’arsenal juridique existe pour stopper le processus dans un premier temps et, dans un second temps, l’inverser.     

07 septembre 2013

Il n'y a pas de religion plus privilégiée que l'islam

 

 

 

 

            Imaginons que la Turquie ait été ou soit restée « chrétienne ». L’hypothèse n’est pas absurde, puisque c’est en Cappadoce, en Arménie, à Smyrne, Chalcédoine, Constantinople, Nicée, que le christianisme s’est épanoui, avant que les Turcs, immigrés d’Asie centrale, ne conquièrent l’Asie mineure grecque ou arménienne et ne l’islamisent totalement par le sabre. Eh bien, nous pouvons être certains que les pays démocratiques d’Europe, sans en excepter un seul, et les autres pays démocratiques du monde refuseraient d’entretenir des relations politiques avec la Turquie. Tout ce qui a été objecté à la Grèce des colonels, au Chili de Pinochet, à l’Espagne de Franco, au Portugal de Salazar, à l’Allemagne d’Hitler (fascisme, racisme, violation des droits de l’homme, haine de la démocratie, mépris des femmes, etc.) nous serait seriné à longueur d’antenne pour que la Turquie soit maintenue hors de la sphère des pays civilisés. On nous rappellerait que les démocraties ne négocient pas avec les pays qui font l’apologie des crimes contre l’humanité et que négocier avec ces pays, ce serait nier ce que l’on est. On nous rappellerait que les démocraties ne négocient pas avec les pays qui ont été purifiés, ethniquement et religieusement, par la violence et que négocier avec ces pays, c’est se faire complice du racisme. On nous rappellerait que les démocraties ne négocient pas avec un pays qui occupe, militairement et en violation de toutes les lois humaines, l’île de Chypre, que son appartenance à l’Onu et à l’Union européenne n’a pas préservée de malheurs que l’on croyait propres aux époques barbares, et que négocier avec ce pays, c’est faire prévaloir la force sur le droit. On nous rappellerait que les démocraties ne négocient pas avec un gouvernement d’obédience wahhabite qui cherche à instaurer la charia et prône l’islamisation de la planète, et que négocier avec ce pays, c’est s’humilier. Même si la Turquie chrétienne s’était trouvée en Europe, il aurait été jugé obscène ou inconvenant ou insultant pour ses millions de victimes que des démocraties envisagent la possibilité d’ouvrir des négociations pour qu’elle adhère un jour, non pas dans quinze ou vingt ans, mais dans un siècle ou deux, à une construction politique, laquelle se flatte, dans son projet de constitution, d’être fondée sur la « dignité humaine », les droits de l’homme, les libertés, la solidarité, etc. et dont la valeur suprême est, prétend-elle, le respect de la « personne humaine ».

            En vérité, ce que montre l’adhésion annoncée, c’est que la Turquie jouit de traitements hors du commun et qu’elle bénéficie, avant même d’intégrer l’Europe, de privilèges inouïs. Les dirigeants de l’Union européenne sont même prêts à piétiner sans scrupule, sans hésitation, sans état d’âme, sans remords, tous les beaux principes, toutes les bonnes intentions, toutes les admirables professions de foi dont ils se gargarisent, et ce, pour intégrer un pays d’Asie à l’Etat politique qu’ils ambitionnent d’établir en Europe. Sont-ils devenus fous ? La raison politique leur fait-elle perdre la raison ? Ou bien est-ce parce que la Turquie est islamique qu’il faut qu’elle devienne européenne ? Est-ce l’islam qui la sanctifie ? Est-ce que l’islam est tabou ? Ou bien est-ce parce que le sabre de l’islam terrorise les dirigeants de l’Europe que, ceux-ci, par lâcheté ou veulerie, se préparent, comme Daladier et Chamberlain, à la servitude ?

 

            L’aveuglement est d’autant plus incompréhensible qu’il rompt avec une lucidité ancienne. Il fut un temps – hélas révolu – où les élites de France et d’Europe n’hésitaient pas à tenir sur la Turquie et sur l’islam un discours sans fard.  Voici, entre autres exemples, dans quels termes insolents Victor Hugo, dans La Légende des Siècles (Partie III l’Islam), décrit Mahomet le prophète.

« Le divin Mahomet enfourchait tour à tour / Son mulet Daïdol et son âne Yafour ; / Car le sage lui-même a, selon l’occurrence, / Son jour d’entêtement et son jour d’ignorance. »

Voici encore le poème intitulé « 1453 » qu’il consacre, dans la partie VI de la Légende des siècles, au siège de Constantinople et dans lequel il prédit (ce en quoi il s’est bien trompé) que la France libèrera les territoires byzantins que Mehmet (Mahomet en turc) a conquis cette année-là :

« Les Turcs, devant Constantinople, / Virent un géant chevalier / A l’écu d’or et de sinople, / Suivi d’un lion familier. / Mahomet Deux, sous les murailles, / Lui cria : « Qu’es-tu ? » Le géant / Dit : « Je m’appelle Funérailles, / Et toi, tu t’appelles Néant. / Mon nom sous le soleil est France. / Je reviendrai dans la clarté, / J’apporterai la délivrance, /J’amènerai la liberté »…

            Ce dont on est sûr, c’est que cette prédiction ne sera jamais réalisée et que ni Fabius, ni Moscovici, ni Mamère, ni Guigou, ni Hollande, ni Cohn-Bendit « n’amèneront la liberté » et qu’eux aussi, comme les collabos, ils préfèreront la servitude à la « délivrance ».

Quand ils étaient « grands », cultivés, épris de vérité, soucieux d’histoire, les écrivains de France savaient qui étaient les Turcs. Voici les crimes que Victor Hugo, dans La Légende des siècles, attribue à l’un des innombrables conquérants turcs, le Sultan Mourad :

« Dans son sérail veillaient les lions accroupis ; / Et Mourad en couvrit de meurtres les tapis ; / On y voyait blanchir des os entre les dalles ; / Un long fleuve de sang de dessous ses sandales / Sortait, et s’épandait sur la terre, inondant / L’Orient, et fumant dans l’ombre en Occident. »

Le recueil poétique Les Orientales, publié en 1829, est un inventaire des crimes contre l’humanité commis par les Turcs, au début du XIXe siècle, dans les territoires grecs qu’ils ont colonisés pendant quatre siècles. Les « massacres de Chio » sont un événement historique que Victor Hugo, en poésie, et Delacroix, en peinture, ont rendu célèbre. Le poème intitulé « L’enfant » commence ainsi : « Les turcs ont passé là. Tout est ruine et deuil » ; et se il termine par ces deux vers : « Ami, dit l’enfant grec, dit l’enfant aux yeux bleus, / Je veux de la poudre et des balles ». Deux siècles plus tard, ce sont des montagnes d’euros dont les dirigeants de l’Union vont dépouiller les citoyens d’Europe et qu’ils offriront aux Turcs. Ce ne sont plus des aides qu’ils versent, c’est l’impôt de dhimmitude ou jiziya dont ils s’acquittent.

Victor Hugo n’est pas le seul, ni le premier à avoir dit sans fard la vérité sur les Turcs et sur l’islam. Dans le Discours sur les sciences et les arts (1750), Jean-Jacques Rousseau, qui pensait bien en toute occasion et dont le Contrat social a sans doute inspiré Chirac, Guigou, Moscovici, Cohn-Bendit et la clique turcophile, expose les facteurs qui ont produit, à la fin du XVe s., la Renaissance des arts et des lettres en Europe. C’est la stupidité turque qui a suscité la Renaissance de l’Europe.

« L’Europe était retombée dans la barbarie des premiers âges. Les peuples de cette partie du monde aujourd'hui si éclairée vivaient, il y a quelques siècles (comprendre : au Moyen Age), dans un état pire que l'ignorance. Je ne sais quel jargon scientifique, encore plus méprisable que l’ignorance, avait usurpé le nom du savoir, et opposait à son retour un obstacle presque invincible. Il fallait une révolution pour rame­ner les hommes au sens commun ; elle vint enfin du côté d’où on l’aurait le moins attendue. Ce fut le stupide Musulman, ce fut l’éternel fléau des lettres qui les fit renaître parmi nous. La chute du trône de Constantin (id est la prise de Constantinople en 1453) porta dans l’Italie les débris de l’ancienne Grèce. La France s’enrichit à son tour de ces précieuses dépouilles. Bientôt les sciences suivirent les lettres ; à l’art d’écrire se joignit l’art de penser ; gradation qui paraît étrange et qui n’est peut-être que trop naturelle ; et l’on commença à sentir le principal avantage du commerce des Muses, celui de rendre les hommes plus sociables en leur inspirant le désir de se plaire les uns aux autres par des ouvrages dignes de leur approbation mutuelle. »

Les écrivains européens n’ont pas été en reste avec Rousseau ou Hugo. Parmi tous ceux qui ont résisté, il convient de rendre hommage au Bulgare Ivan Vazov, auteur de « Sous le joug » (paru en 1889), un roman admirable qui raconte les crimes abominables que les Turcs ont commis pour maintenir sous leur sabre sanglant les courageux habitants de Bulgarie. C’est un roman dont la lecture devrait être rendue obligatoire à l’ENA, à l’Assemblée nationale, au Parlement européen, à la Commission de Bruxelles et dans toutes les institutions de l’Europe. Il éclairerait peut-être Guigou, Cohn-Bendit, Chirac, Moscovici et alii, mais il n’est pas certain que les aveugles veuillent recouvrer la vue. Vivre dans les ténèbres repose, comme vivre couché.

            Malgré tout, essayons de braquer un faisceau de lumière sur quelques faits, dont les puissants du jour ont décidé qu’ils allaient rester dans l’ombre.  En 1920, un traité de paix a été signé à Sèvres entre les puissances victorieuses de la guerre de 1914-1918, dont la France et l’Angleterre, et l’Empire ottoman, qui avait été l’allié fidèle de deux Reich : l’Allemagne et l’Autriche. C’est un traité admirable qui prévoyait la création dans la partie orientale de la Turquie actuelle d’un Etat arménien, libre, souverain et indépendant, avec des frontières reconnues par la communauté internationale et garanties par le président des Etats-Unis d’Amérique, et où les survivants du grand massacre de 1896, des massacres d’Hadana en 1909 et du génocide des années 1915-1916 auraient dû trouver refuge. Il prévoyait aussi la création dans la partie méridionale de la Turquie d’un Etat kurde, libre, souverain et indépendant. Si les Kurdes en avaient bénéficié, ils n’auraient pas subi les massacres de masse que leurs voisins leur infligent depuis près de trois-quarts de siècle. Il prévoyait enfin la restitution aux Grecs de la façade maritime de la partie occidentale de la Turquie. Il prévoyait que les 7 ou 8 millions de Turcs d’alors conserveraient la moitié du territoire de la Turquie actuelle, ce qui équivalait à la superficie de l’Italie. Or, et cela ne s’est jamais vu dans l’histoire de l’humanité, les Turcs ont rejeté la signature de leurs propres autorités et, sous la direction d’officiers allemands, ils ont mené une guerre sans merci pour annuler le traité de Sèvres, qui ne leur convenait pas. Ce fut la première capitulation des puissances européennes. 

La « laïcité » prend trois formes dans le monde, là où elle existe, loin des théocraties que sont l’Arabie saoudite, l’Iran, la Mauritanie, le Soudan et quelques autres pays méprisables : la séparation de l’Etat et de la religion, la sécularisation, le contrôle de la religion par l’Etat.  Lorsque la religion est séparée de l’Etat, comme c’est le cas en France, l’Etat ne construit ni église, ni mosquée, ni synagogue, ni temple, ni cimetières privés, il ne rémunère pas les ministres du culte. La contrepartie est qu’il lui est interdit d’intervenir dans les affaires religieuses et de contrôler le clergé, qui retrouve ainsi, bien qu’il soit appauvri, une liberté presque totale. Le phénomène de sécularisation que l’on observe en Europe et en Occident depuis un demi siècle (ou plus) se caractérise par des mutations qui touchent le christianisme et le judaïsme. Alors que ces religions sont censées s’occuper en priorité des relations avec le Ciel, peu à peu, elles se « sécularisent ». Le christianisme qui, en théorie, est une religion du salut se tourne de plus en plus souvent vers des activités sociales. Le judaïsme perd peu à peu sa vocation juridique, en acceptant les lois des pays dans lesquels les Juifs vivent. Le terme « laïcité » sert aussi à désigner le contrôle de la religion par l’Etat. C’est la solution détestable qu’ont adoptée les régimes communistes, quand ils se sont lassés de persécuter les chrétiens. Ce sont ces formes que prend la laïcité dans quelques pays arabes et musulmans, tels que l’Algérie (du temps de Boumedienne), de l’Irak sous Hussein, de l’Egypte de Nasser, de la Syrie sous Assad et surtout de la Turquie de Mustapha Kemal, dit Atatürk, et d’Ismet Inonü, entre 1923 et 1950. La laïcité à la turque dont on nous rebat les oreilles est la forme totalitaire et haïssable que prend la laïcité. En réalité, c’est une pseudo laïcité. Il vaudrait mieux dire, pour désigner cet état de choses, « soumission de la religion à l’ordre politique ».

Or, en Turquie, même cette pseudo laïcité est morte, comme elle est morte en Egypte ou en Irak. En effet, pendant dix ans, entre 1950 et 1960, la Turquie a été gouvernée par un parti islamique, dont la politique a consisté à annuler la plupart des lois, dites à tort laïques, de Mustapha Kemal. Les confréries qui ont islamisé les Turcs et l’Asie mineure ont été à nouveau autorisées, l’enseignement de la seule religion islamique a été rétabli dans les écoles publiques, et il a été imposé aux non musulmans, l’Etat a créé des écoles de formation d’imams et de prédicateurs, dont le premier ministre actuel, Erdogan, a été l’élève assidu, les chrétiens et les juifs qui ont survécu aux massacres ont été contraints de se taire et ils se sont terrés dans leur coin, victimes de discriminations immondes. Evoquer la laïcité à propos de la Turquie, c’est croire que la démocratie a existé en URSS, c’est invoquer le dahu ou le zombie, c’est tromper les Européens en leur faisant croire aux fantômes.

 

Malgré les attentats, les massacres de masse, les crimes contre l’humanité qui se produisent chaque jour dans les pays musulmans ou dans les pays qui ne sont pas dans la sphère d’influence de l’islam, les démocraties croient qu’elles vont « garder leur âme », en négociant ou en collaborant avec l’islam qui inspire, provoque ou organise ces attentats, massacres, crimes contre l’humanité. Que cet islam soit politique, frère musulman, wahhabite, salafiste, de prédication ou autre, peu importe. Les tragédies du XXe siècle nous ont appris que ceux qui composaient avec la Bête immonde, non seulement perdaient leur âme, mais aussi se suicidaient. Le parti qui gouverne la Turquie et qui contrôle tous les organes du pouvoir n’est pas celui de Mustapha Kemal, il n’est pas non plus le parti social démocrate d’Ecevit, c’est un parti wahabite, financé par les Saoudiens, c’est le parti du sabre et des mosquées, des turbans et des voiles,  de la haine des femmes, des étrangers, des chrétiens, qui professe les mêmes croyances que Ben Laden et ses acolytes et dont il ne se distingue que par la stratégie. L’islam politique a deux objectifs. Le premier est la ré-islamisation sur le modèle saoudien des pays musulmans et de tous les musulmans, où qu’ils vivent. Le second est l’islamisation de la planète – c’est-à-dire l’imposition à toute l’humanité de la « loi » islamique. Le Turc Erdogan, qui est l’âme damnée des Saoudiens, pense atteindre le second objectif, quand le premier aura été réalisé ; Ben Laden pensait parvenir aux deux objectifs en même temps : voilà ce qui les sépare. C’est de l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette. 

 

05 septembre 2013

Faillite des sciences sociales

 

 

 

 

Dans les années 1960, l’orientaliste Berque, du Collège de France, présentait le coup d’Etat qui, en 1952, a fait basculer l’Egypte dans l’abîme des défaites militaires et de la régression sociale, comme l’aube d’un jour nouveau et il se réjouissait que les putschistes aient mis fin à la seule expérience démocratique qu’un pays arabe ait connue entre 1920 et 1952. Les islamologues ont menti sur Khomeiny, sur le réveil de l’Iran annoncé tous les matins depuis dix ans et repoussé tous les soirs aux lendemains qui chantent, sur l’échec de l’islam politique, sur le FLN qui n’éclairait le tiers monde opprimé que pour mieux enfouir le peuple algérien dans la nuit de l’obscurantisme et de la xénophobie. Ils ont menti sur la possibilité de concilier islam et démocratie, sur le néocolonialisme, sur la prétendue libération des peuples du Proche Orient qui n'est qu'un énième asservissement et dont la seule utilité a été de cacher la politique de purification ethnique et religieuse qui a chassé des pays du Sud de la Méditerranée les infidèles, mécréants, impurs, étrangers, sur les forces « palestino-progressistes » dont le progressisme a consisté à faire main basse sur le Liban, sur les raïs « progressistes » qui ne sont rien d’autre que des chefs mafieux, etc. 

Voilà cinquante ans que les orientalistes vendent leurs blagues pour de la vérité. S'ils n'étaient que des militants de ces ineffables partis marxistes léninistes révolutionnaires polpotiens staliniens trotskistes maoïstes, cela ne prêterait pas à conséquence. Le problème est qu’ils sont tous docteurs ès sciences sociales. Ils sont MCF ou PR ou DR au CNRS. Ils dirigent des équipes, les ministres les consultent, on leur prodigue crédits et avantages divers. Ils vont à Bagdad, au Caire, à Damas, à Fès, à Alger, à Islamabad, Samarkand, etc. Leurs thèses trouvent des échos favorables dans les ministères, les ambassades, les journaux, les revues. Au début des années 1960, ils ont même esquissé les grandes lignes de la « politique arabe », dont l’objectif était de restaurer au Proche Orient et en Afrique du Nord l’influence séculaire que la France y exerçait mais que l’expédition de Suez et l’interminable guerre d’Algérie lui avaient fait perdre.

Cette constance à produire de l’erreur sur le monde arabo-islamique, mais aussi sur les jeunes, sur les incivilités de l’école, sur le racisme des populations de banlieue, discrédite leur « science » et les institutions, Université et CNRS, qui leur offrent une tribune. Les docteurs n’ont jamais fait preuve de courage. Leur camp, c’est Cauchon. La sorcière qu’ils font brûler, c’est la vérité. Dans la Résistance, ils se comptaient sur les doigts d’une main. De fait, ils restent fidèles à ce qu’ils sont. Au Proche Orient, ils se prosternent aux pieds de « notre ami le Roi » ou raïs ou président à vie ou puissant du moment. Les marxistes ont baptisé science l’idéologie. Les experts en Orient imitent leurs maîtres. Des gogos les croient. L’Université avait pour raison d’être l’étude et le savoir. Elle ne se nourrit plus qu'aux deux mamelles de l’imposture et de l'ignorance.

 

02 septembre 2013

El hamdou lHollande

 

 

 

 

Jamais la France n’a autant ri et jamais nos ancêtres, proches ou éloignés, n’ont eu autant d’occasions de rigolade que celles que nous prodiguent généreusement M. Hollande, ses ministres, ses députés, ses sénateurs, ses élus provinciaux ou locaux, les journaleux à leur botte et tous leurs partisans. Oui, qu’ils soient éternellement loués ! El hamdou lhollande !

Bienheureux les Français qui, chaque jour, sont régalés d’une énième projection avec variantes et inédits du Dîner de cons et à qui sont offertes à toutes les heures qu’Allah fait des occasions de se marrer, de ricaner, de se poiler, de se bidonner, d’être pliés en quatre… En 1981, les Français auraient pu avoir Coluche pour président ; depuis 2012, ils ont Hollande, qui vaut cent Coluche. Et cela gratuitement. Quelle générosité ! Ce n’est pas seulement Coluche, ce sont les Branquignols, les Charlots, les Bronzés, François Pignon, Monsieur Glandu, Marius et Olive, Toto, tous réunis en une seule escadrille de gouvernants qui publient chaque jour une édition du Hérisson… Ainsi, les Français assistent, du matin au soir et du crépuscule à l’aube, à un Petit déjeuner de cons, à un Casse-croûte de cons, à un Déjeuner de cons, à un Goûter de cons, à une Collation de cons, à un Dîner de cons, à un Souper de cons, et même, puisque la production est généreuse, à un Lunch de cons, à un Breakfast de cons, à un Brunch de cons, à un Buffet républicain de cons, à un Couscous de cons, à un Méchoui de cons, etc. Depuis quelque temps, Hollande et son gouvernement ne se séparent plus de leur boite à outils, qui est devenue presque aussi célèbre que le schmilblick. On en connaît le contenu, non pas un tournevis sans manche, ni tête, mais des millions de boîtes d’allumettes et des centaines de tubes de colle, tout ce qui est nécessaire pour édifier un palais du facteur Cheval miniature.

Toutes les heures, c’est couacs sur couacs, bévues sur bévues, algarades sur algarades, insultes sur insultes, des plus méprisantes (cantonnier de Corrèze, conseiller municipal de Saint-Herblain) aux plus viles (« salopards », « tu nous fais chier »). Le programme des écrans français, c’est, en continu, du comique troupier. L’espérance moyenne de vie à la naissance augmente en France depuis 1810. Il y a deux siècles, elle était inférieure à 30 ans ; aujourd’hui, elle dépasse 80 ans. En deux siècles, elle a presque été multipliée par 3. Or, soudain MM Hollande, Ayrault, Emmanuelli, usw, découvrent une réalité dont avaient déjà conscience, il y a deux cents ans, le comte Français de Nantes, le baron Ladoucette ou le duc de Richelieu : on vit aujourd’hui plus vieux que sous l’Ancien Régime. Ils annoncent donc, ce qu’ils ont toujours refusé de reconnaître avant mai 2012, que, les diktats de la biologie étant supérieurs aux décisions des hommes (ce qui est fort de café, quand on est « de gauche »), les Français vont devoir travailler plus longtemps pour jouir de droits à la retraite de plus en plus minces. Bientôt, Hollande et ses potes vont annoncer ébahis, au 20 heures de France 2, que le sexe des femmes est différent de celui des hommes ou inversement, et que deux hommes, même s’ils besognent l’un dans l’autre pendant des millénaires, ne donneront jamais naissance à un nouveau Saint-Laurent, ni à une Tour Eiffel, ni à une Taubira verte.

Submergés par les mauvaises nouvelles, M. de Hollande et les siens se réfugient dans la voyance. En 2025, ils prédisent que plus personne n’aura de difficulté à se loger, que la France connaîtra alors une ère de plein emploi, que la production industrielle sera repartie de plus belle, que la police sera 3.0., qu’il n’y aura plus de pauvres, que tous les étudiants seront titulaires d’un Master de Sociologie, etc. Sans doute prennent-ils les Français pour des bougnoules…

Avec eux, tout commence par la rigolade et tout finit en rigolade. Avant le 6 mai 2012, la crise n’existait pas ; depuis, rien n’existe, fors la crise. On invoque la morale publique, mais aux banquiers ou affairistes, comme la banque Lazard, fusions et acquisitions, et Pigasse ou autres, on fourgue des marchés juteux, parce que ce sont des camarades. On vilipende les retraites chapeaux, mais on absout celles qui sont distribuées aux camarades. On assigne la mission sacrée de persécuter les riches à un ministre du Budget qui a planqué son magot en Helvétie et à Singapour. 600000 euros, ce n’est pas grand-chose ; et les autres, en particulier ceux qui prétendent détester les riches, combien de millions ont-ils planqués à l’étranger ? On se prétend exemplaire, mais on héberge, on nourrit, on entretient, on divertit sous les ors du Château, et aux frais de ceux qui rigolent jaune, la favorite, Mme de Maintenant. Etc. etc. etc.

Les camarades des media, qui, pendant cinq ans ou plus, ont savonné la planche du concurrent Sarkozy, traité de « sale mec », injurié comme « salopard », nommé d’un « L’Autre » méprisant, parce qu’il n’avait pas l’heur d’être d’une race pure, sont sidérés par ce spectacle. Au lieu de s’en réjouir, ils s’en indignent : on voulait seulement débarrasser la France d’un métèque, protestent-ils. Les camarades qui ont porté Hollande et les socialos au pouvoir n’en reviennent pas : nous, on veut de nouveaux privilèges, pas d’un autre François Pignon ! Dans de furieux accès de transparence, les camarades se montrent tels qu’ils sont : un hiérarque du Parti de Gauche et ancien permanent du Parti socialiste, plus socialo que lui, tu meurs, a traité de salopard, un ministre de la République, parce que ce ministre serait, ce qui est sans fondement, un salarié de la finance internationale. Ce ministre est le fils d’un Juif roumain qui a survécu par miracle aux exterminations nazies et s’est réfugié en France en 1949, protégé par l’OFPRA, pour échapper aux griffes des communistes qui avaient fait main basse sur son pays. Cet insulteur socialo est aussi un des marmitons de la Sauce raciste. Ces éructations, applaudies par Mélenchon, révèlent soudain la véritable nature du pseudo antiracisme organique : c’est du racisme primaire. Les stipendiés à Désir et à Sopo n’ont plus droit à cet ample manteau d’hypocrisie : les voilà tout nus. Quant à ceux sur qui ces tartuffes éructent à longueur de journées, ils ont de quoi se marrer pendant tout le siècle. 

La France est donc secouée par les fous rires. Pourvou que ça doure, du moins jusqu’en 2017. Prions le Ciel que la colère du peuple n’interrompe pas la momerie, car il vaut mieux rire de ces choses plutôt que d’être obligé d’en pleurer.

En 2012, Hollande, quand il a été élu, avait accumulé trente et un ans d’expérience politique et de gestion au plus haut niveau, non pas comme conseiller de la commune de Salerans, Hautes-Alpes, 41 habitants, mais comme conseiller à l’Elysée, directeur de cabinet de quelques ministres, disciple chéri du président de la Commission européenne, député, conseiller général, maire, président de conseil général, chef pendant dix ans d’un parti de gouvernement, vice-président de l’Internationale socialiste, etc. Il a couronné ses expériences locales d’expériences régionales, nationales, européennes, internationales et même mondiales, sans parler des années qu’il a passées sur les bancs des écoles du pouvoir. Qu’a-t-il appris en trente et un ans ? Rien. A quoi ont servi les millions d’euros qui lui ont été versés en guise de traitement pendant ces trois décennies ? A rien. Quinze mois plus tard, les Français constatent, ébahis, que ce président ne sait pas ce qu’est un budget, qu’il ne sait pas ce qu’est une dette, qu’il ne sait pas ce qu’est un impôt (sans doute n’en paie-t-il pas – du moins pas d’impôt en rapport avec ses revenus et ses biens immobiliers), qu’il ne sait pas ce qu’est un emploi (sans doute n’a-t-il jamais dû gagner sa vie, ayant toujours tiré ses revenus de la manne publique). Il combat au Mali des soldats de l’islam avec lesquels il s’allie en Syrie. Il se prend pour Matamore et est près de mettre la planète à feu et à sang pour punir deux ou trois méchants. Il croit même qu’il suffit d’invoquer la générosité bienveillante des camarades des collectivités publiques, des assoces gavées de subventions, du secteur coopératif pour que décroisse le nombre de chômeurs. Oui, il en est encore à croire aux vertus des Ateliers nationaux de 1848.

La fin de partie n’est pas très loin. Marrons-nous en attendant la catastrophe.