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09 octobre 2013

Ce n'est pas la République qui est fondée sur des pactes, mais la mafia

 

 

 

 

Il a été récemment affirmé par deux ministres du gouvernement Ayrault de Saint-Herblain, dame Duflot des Verts et sieur Cazeneuve de la Suppléance Cahuzac, qu’il existait un pacte républicain. On a beau consulter les registres, feuilleter les programmes, ouvrir les regestes, on ne trouve nulle part de trace d’un pacte républicain. Le République, c’est une constitution, et non un pacte ; ce sont des institutions, et non des pactes ; ce sont des lois, des principes, des « valeurs », une devise, et non quelque pacte que ce soit, secret ou public, passé entre on ne sait qui. En latin, un pacte est un « traité », un « accommodement », une « convention ». En français aussi : une « convention », est-il écrit dans le Dictionnaire de l’Académie française, 1694 et 1762). En 1835, le mot s’enrichit en 1835 de cet emploi : « pacte de famille ou accord fait entre les membres d’une famille souveraine occupant des trônes différents », que Littré (1872) explicite ainsi : « traité conclu en 1761 entre la France et l’Espagne, par lequel toutes les branches de la maison de Bourbon s'obligeaient à se soutenir mutuellement » (« il y a pacte entre eux »). Dans l’édition de 1935 du Dictionnaire de l’Académie française, le mot n’est plus défini par convention, mais par la description : « convention qui est, en général, accompagnée d’actes publics qui lui donnent un caractère d’une importance particulière ».

De ce point de vue, rien n’est plus étranger à la République qu’un ou des pacte(s), qu’il soit « de famine » (« accord qui aurait été conclu entre des financiers au XVIIIe siècle pour s’assurer le monopole des grains », Trésor de la langue française, 1971-94) ou colonial (« système élaboré pour régler les relations douanières entre les colonies et les puissances européennes, par lequel le marché colonial est réservé à la métropole et le monopole du pavillon est réservé à la marine métropolitaine »). Mais, que sait dame Duflot de la République ? Rien, sinon que ce sont des caisses où, quand on est politicien, on peut puiser des billets de 500 € à pleines brassées ?

Ce que les académiciens notent à partir de 1694, ainsi que dans les éditions suivantes, c’est l’emploi de pacte dans un contexte de diableries, cet emploi étant attesté (entrer en pacte avec le diable) au début du XVIIe siècle. Le XVIIe siècle n’a pas été seulement le siècle du classicisme, de la raison, de la mesure, de l’ordre ; il a été aussi celui de l’omniprésence du diable, de l’usage abusif des poisons, du recours à la magie et des croyances superstitieuses.

Furetière, dans son Dictionnaire universel (1690), s’étend sur ce sens sulfureux de pacte, mot qui « se dit particulièrement des consentements qu’on donne aux impostures et sortilèges de ceux qui prétendent faire des choses merveilleuses par la puissance ou le ministère du Diable : et en ce cas, on distingue un pacte exprès, quand on donne un consentement formel à ces impostures ; et un pacte tacite, quand on pratique leurs enseignements ou cérémonies sans faire une renonciation expresse à tout commerce avec les puissances infernales ». Voilà une définition de pacte à laquelle se réfère peut-être dame Duflot. A-t-elle fondé sa République sur un pacte exprès ou sur un pacte tacite ? Le Diable seul le sait et, en matière de diableries, cette ministre de la verdure et des végétations est experte. A moins qu’elle ne se réfère aux pactes de sang que passent entre elles les familles de la mafia ou de la camorra ou de la ndranghetta ou des triades chinoises (coréennes, japonaises, maghrébines, etc.) pour se partager à l’amiable les activités criminelles ? Voilà un sens (peu républicain) qui serait assez conforme aux accords passés sous la houlette de M. de Hollande entre les verts, les rouges et les roses.

 

 

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