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18 février 2014

Compatible

 

 

 

            Les académiciens, dans les éditions, publiées entre 1694 et 1878, de leur Dictionnaire, s’abusent sur la définition de l’adjectif compatible, que vient de rendre célèbre M. de Hollande, quand il a déclaré, mais à Tunis, devant de bons et vrais musulmans qui musulmanisent tout, jusqu’à la garde-robe et même dans la garde-robe, que l’islam était compatible avec la démocratie. Dans l’esprit des académiciens donc, le sens de cet adjectif est ou serait étroitement dépendant du verbe compatir, qui a pour sens « être touché, attendri des maux d’autrui » (Littré, Dictionnaire de la langue française, 1863-77). L’islam s’attendrirait-il sur les maux de la démocratie ? M. de Hollande, seriez-vous le lapin d’Alice au pays des merveilles ? Vos rêves sont nos cauchemars. Réveillez-vous, s’il vous plaît.

Voici comment les académiciens définissent compatible : « qui peut compatir avec un autre » (1694, 1718, 1740, 1762, 1798, 1835, 1878). Certes, ce sont les humeurs ou les charges ou les bénéfices, etc. qui sont susceptibles de recevoir la qualification de compatibles, c’est-à-dire des réalités dont le nombre est égal ou supérieur à 2. En fait, compatible dérive, non pas du verbe français compatir, mais du verbe latin compati, d’emploi fréquent dans le latin médiéval au sens de « être compatible avec » et d’après pati, « permettre, admettre ».  Même Littré (1863-77) maintient dans la définition de cet adjectif le lien supposé avec le verbe compatir : « qui peut compatir, s’accorder avec un autre (personne ou chose) », même si l’emploi de compatir est corrigé ou redressé par celui de s’accorder. Littré précise que « compatible ne se dit qu’au pluriel ou, au singulier, avec quelque mot qui ait un sens collectif », ce qui, semble-t-il, incite les innombrables consciencieux en islam, qu’ils soient petits ou gros, à employer islams au pluriel. Si M. de Hollande avait été informé de ces subtilités, il aurait dû déclarer que les islams sont compatibles avec les démocraties.

Dans la huitième et la neuvième éditions du Dictionnaire de l’Académie française (1935 et depuis 1994), l’erreur des définitions antérieures est quelque peu redressée et il n’est plus fait référence à compatir pour définir le sens de compatible : « qui peut exister, s’accorder avec quelqu’un ou quelque chose ». Il en va de même dans le Trésor de la langue française (1971-94), dans lequel la définition, « qui est susceptible de s’accorder avec », a le mérite de rappeler que, dans le sens compatible, se loge du potentiel ou des potentialités. Ce n’est pas qui s’accorde avec quelque chose d’autre, mais ce qui est susceptible de le faire, et qui ne le fait nécessairement pas. Le chômage est susceptible de baisser dans les mois qui viennent, mais cela ne signifie pas qu’il va baisser, comme l’a démontré pendant toute l’année 2013 M. de Hollande. L’islam est susceptible de s’accorder avec la démocratie évidemment, mais à plusieurs conditions : que la démocratie soit la démocratie (et non l’ersatz ou la caricature que nous fourguent les socialos), que l’islam cesse d’être l’islam, que l’islam renonce à la loi islamique, que l’islam supprime dans le Coran tous les versets qui appellent à tuer ou à faire la guerre et ceux qui contiennent des appels au meurtre raciste, que l’islam cesse de se tenir pour l’alpha et l’oméga en tout, que l’islam introduise un peu d’égalité en droit, là où il n’y a que des inégalités, que l’islam cesse de mépriser ou de maltraiter ceux qui ne sont pas musulmans, etc. etc. etc.

En bref, il y aura un peu de compatibilité entre l’islam et la démocratie quand les poules auront des dents. C’est ce qu’aurait dû déclarer M. de Hollande et en tirer toutes les conséquences logiques. Mais, pour cela, il aurait fallu qu’il cessât de se prendre pour son homonyme de prénom, Pignon, ou pour Cheval, l’ami de Pignon, les personnages principaux du Dîner de cons.  

   

 

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