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31 mars 2014

Débâcle

 

 

 

Gifle, claque, déroute, défaite, dégelée, raclée, etc. : c’est de ces mots (et d’autres) que les commentateurs avisés (mais a-t-on croisé des commentateurs qui ne le fussent pas ?), les experts patentés (mais on ne connaît pas d’experts qui ne le soient pas), les journaleux excités (pléonasme) désignent les résultats des élections, lorsque, malgré l’abondance des sondages, ces résultats sont inattendus, ou lorsqu’ils suscitent chez les hommes politiques que les suffrages contraires des citoyens ont désavoués une hystérie panique. S’ils étaient « normaux » (comme le président évidemment), ces politiciens devraient se réjouir de quitter les marécages du pouvoir pour se remettre à la charrue. Cincinnatus leur a montré l’exemple. N’est pas Cincinnatus qui veut.  

De tous ces mots qui appartiennent en propre aux affidés du complexe médiatique-politique, le plus amusant est débâcle. Le mot dans cet emploi électoral n’est enregistré dans aucun des grands dictionnaires du XXe siècle. L’emploi qui approche le plus de celui de défaite (ou déroute) électorale est l’emploi militaire, lequel date de la fin du XIXe siècle. Dans la neuvième édition (en cours de publication depuis 1994) du Dictionnaire de l’Académie française, cet emploi est glosé ainsi : « (Spécialement) déroute complète d’une armée », sens auquel le roman de Zola, La Débâcle (1892), a donné une sorte de noblesse littéraire. Les auteurs du Trésor de la Langue française (1971-94) se contentent de faire suivre débâcle de deux synonymes : "débandade" et "déroute d’une armée", citant le titre du roman de Zola et cette phrase des Mémoires d’outre-tombe, à savoir « la débâcle avait commencé à Moscou ; les routes de Kazan étaient couvertes de fugitifs », dans laquelle émerge l’analogie entre un des sens premiers de débâcle et le sens politique.

En effet, débâcle, dérivé du verbe débâcler, peut être qualifié de « moderne », vu l’emploi de moderne par les historiens : l’histoire, dite « moderne », est postérieure au Moyen Âge et s’étend de 1492 à 1789. Le premier sens est celui qu’établit Furetière (Dictionnaire Universel, 1690) : « action par laquelle on débarrasse les ports et on en retire les vaisseaux vides, pour approcher du rivage ceux qui sont chargés » (« débarrassement d’un port, quand on retire les vaisseaux vides pour approcher du rivage ceux qui sont chargés », Académie, 1762). Au XIXe siècle, dans cet emploi, à débâcle, se substitue débâclage ou même débâclement. Un journaliste ayant du goût pour la métaphore forcée pourrait désigner la défaite électorale des socialistes les 23 et 30 mars 2014, non pas de « 21 avril de Hollande », mais de débâclage ou de débâclement : les communes ont été vidées de tout ce qui les encombrait et les vieux éléphants et les sauriens voraces ont été remplacés par des Bousingots ou des Jeunes France.

En fait, le sens le plus important de débâcle, celui qui est attesté dès le XVIIe siècle, se rapporte à la rupture des glaces qui bâclent les fleuves : « Se dit aussi, par extension, de la rupture des glaces qui se fait tout à coup, lorsque les rivières ont été prises longtemps » (Furetière, 1690) ; « Rupture des glaces qui arrive tout à coup après qu’une rivière a été prise longtemps » (Thomas Corneille, 1694) ; « Effet du dégel quand la glace vient à se rompre sur une rivière qui était prise, et que les glaçons sont entraînés par l’eau » (Académie, 1694). La glaciation qui entravait les villes, petites ou grandes, depuis les lois de décentralisation voulues par les socialistes, a tout à coup pris fin : c’est donc la débâcle, dont les courants et les remous entraînent au large les débris du socialisme municipal.

Il est un sens figuré, assez éloquent, qu’enregistrent les académiciens à partir de 1835. C’est « figurément et familièrement, tout changement brusque et inattendu qui amène du désordre, de la confusion ». La débâcle électorale, et ce n’est que la première, fait place à la confusion, au désordre, aux pataquès, au grand pastis, comme le dit assez justement Littré (Dictionnaire de la Langue française, 1863-77), visionnaire de ce point de vue : « Figurément et familièrement, changement fâcheux qui emporte la fortune d’un particulier, la prospérité d’un gouvernement, les opinions, les mœurs, comme la débâcle emporte les glaces de la rivière ». C’est donc la fin de la prospérité d'un gouvernement qui ne fut guère prospère.

En guise de conclusion, voici un sens, relevé par les académiciens en 1932 : « Débâcle se dit aussi, dans le langage familier, d’une décharge subite du ventre ». C’est sans doute ce qui est arrivé au malheureux Ayrault de Saint-Herblain, chef de la bannière socialiste de Nantes et de Loire-Inférieure, et à ses camarades emportés par la grande frousse précédant la débâcle.

 

 

 

26 mars 2014

Indépendance ? Vous avez dit "indépendance" ? Comme c'est étrange !

 

La justice a été indépendante en France, non pas sous Sarkozy, ni sous Queuille, ni sous Laval, ni sous Léon Blum, etc. mais pendant tout l'Ancien Régime. Les juges, procureurs, avocats, avoués, conseillers de tout ordre, etc. achetaient une charge, qu'ils transmettaient à un de leurs fils ou qu'ils vendaient, s'ils n'avaient pas d'héritier ou qu'ils fussent ruinés, et, membres des Parlements, ils réglaient les conflits en toute indépendance, sans intervention du pouvoir exécutif (le Roi), ni du "pouvoir législatif" (il n'y en avait pas : avaient force de loi les coutumes et les plus anciennes lois des provinces)... 

L'indépendance de la justice d'Ancien Régime présente un bilan exceptionnel : assassinats (il n'y a pas de mot plus juste) de Calas et du chevalier de la Barre, massacre des vaudois du Luberon (près de mille morts, femmes, enfants, vieillards), femmes accusées d'être des sorcières et, en conséquence, brûlées vives, écrivains censurés ou condamnés au bûcher, dont Etienne Dolet, etc. De cela, Montaigne, qui était lucide, concluait que les décisions de justice étaient souvent plus criminelles que les crimes qu'elles étaient censées punir. Ce "bilan" a dissuadé les révolutionnaires de maintenir l'indépendance de la justice, laquelle, composée de fonctionnaires placés sous l'autorité d'un ministre, est devenue une administration de l'Etat. On peut le regretter, évidemment, mais que l'on s'abstienne d'invoquer à tout instant l'indépendance des juges. C'est prendre, surtout quand ces invocations sont le fait des princes, les citoyens pour des grenouilles ou des buses. Les magistrats ne sont pas plus indépendants aujourd'hui qu'ils ne l'étaient sous l'Occupation nazie ou que ne l'étaient les juges soviétiques du temps de l'U.R.S.S. ou que ne le sont les juges et autres magistrats en Corée...

Est-ce à dire que l'indépendance est impossible ? Non, évidemment. Il suffit de revenir, pour s'en convaincre, à Montesquieu. Celui-ci distinguait trois pouvoirs : législatif, exécutif et judiciaire. Dans un régime "démocratique", deux conditions doivent être réunies : que ces pouvoirs soient séparés et même étanches; qu'ils émanent de la volonté du peuple, autrement dit que les citoyens qui exercent ces pouvoirs soient élus pour une durée déterminée (quatre ou cinq ans). Cela implique l'élection par le peuple souverain, non pas des techniciens du droit, mais des responsables de tribunaux ou des responsables de la justice dans chaque département et dans chaque région ou dans chaque circonscription judiciaire. La conséquence de cela serait la suppression des juges d'instruction (les inquisiteurs modernes); les enquêtes seraient confiées aux procureurs et à la police (l'instruction serait publique); et lors des procès, placés sous la responsabilité d'un juge élu, la décision finale reviendrait à 12 jurés citoyens, tirés au sort, et sans intervention de magistrats.

   

 

 

     

 

 

23 mars 2014

Dictature ?

 

 

Je n'ai pas entendu un seul journaliste, un seul intello, un seul homme politique, un seul élu du peuple, un seul publiciste, etc. rappeler à M. de Hollande, chef de la bannière de Tulle, que l'Allemagne de l'Est a été de 1945 à 1989 une république démocratique et que ce qui l'inspirait était le socialisme. Cette république qui était démocratique et socialiste n'était pas une "dictature". Même Mitterrand se serait indigné que l'on osât qualifier de "dictature" cette république démocratique. Il est vrai que M. de Hollande est persuadé qu'il existe un pays nommé Macédonie, que Japonais et Chinois, c'est du pareil au même, que les Tunisiens peuvent être confondus avec les Egyptiens, et qu'un catholique, à partir du moment où le patronyme qu'il porte ne sonne pas "français de France", doit être tenu pour un musulman. En huit ans de mandat, M. Bush junior a fait moins de bourdes et moins de bourdes grossières que M. de Hollande en deux ans. On n'a pas fini d'en entendre, et de plus belles encore.

 

16 mars 2014

Stéréotype et stéréotypes

 

 

De plus en plus de pauvres, de plus en plus de sans-abri, de plus en plus de chômeurs, de précaires, d’illettrés, de victimes, d’affamés, de désespérés, de dominés, d’exclus… Face au désastre, que font les socialos ? Ils combattent les stéréotypes, ils luttent contre les stéréotypes, ils se battent contre les stéréotypes. « Mort aux stéréotypes, heraus, ouste, pas de ça chez nous, pas de stéréotypes à l’école, nulle part des stéréotypes ! ».

Il est plaisant de voir les principaux et même seuls pourvoyeurs de stéréotypes en toute chose, dans tout domaine, où que ce soit, à savoir les socialos, les cocos, les écolos, les gauchos, faire la chasse aux stéréotypes. Ils ne se rendent même pas compte qu’ils sont eux-mêmes la cible et la seule cible de leur combat.

Voilà qui justifie que l’on s’attarde sur ce mot récent et moderne, révolutionnaire évidemment, attesté en 1796. Cet enfant des socialos est un terme d’imprimerie et d’abord un adjectif : « adjectif des deux genres » (donc parfaitement socialo) et « terme d’imprimerie », est-il écrit dans le Dictionnaire de l'Académie française (1835), qui « se dit des ouvrages imprimés avec des pages ou planches dont les caractères ne sont pas mobiles (comme les socialos, dirait un humoriste) et que l'on conserve pour de nouveaux tirages ». Longtemps, stéréotype n’a eu d’emploi qu’en imprimerie : « Il se dit des ouvrages imprimés avec des pages ou planches dont les caractères ne sont pas mobiles, et que l'on conserve pour de nouveaux tirages » (Littré, 1863-1877) et « qui est imprimé avec des caractères stéréotypés » (Académie, 1935).

Dans la seconde moitié du XXe siècle, ce nom, qui était déjà « dans le vent » ou « à la mode », mais limité à l’imprimerie, devient vraiment moderne, à partir du moment où les gros consciencieux du social, psychologues et sociologues, se l’ont approprié. C’est devenu une « opinion toute faite » ou une « formule figée » : « Idée, opinion toute faite, acceptée sans réflexion et répétée sans avoir été soumise à un examen critique, par une personne ou un groupe, et qui détermine, à un degré plus ou moins élevé, ses manières de penser, de sentir et d’agir » (Trésor de la langue française, 1971-74). Il n’est pas de définition qui s’ajuste mieux aux « éléments de langage » de Hollande et de sa bande ou aux « discours socialistes ». Ces politiciens sont des stéréotypes ambulants : ça parle en eux, le ça étant l’immonde stéréotype qui sort en reptations lentes de leur bouche.

12 mars 2014

Bon sang ne saurait mentir

 

Police politique, surveillance des opposants, écoutes téléphoniques

 

Ce qu'il y a de bien avec les socialistes (socialauds et socialopes ?), quand ils sont au pouvoir, c'est qu'ils font exactement ce qu'ils sont programmés à faire : c'est dans leur sang, leur culture, leur ADN. Il y a un siècle, on aurait dit : "c'est la race qui parle en eux".

Un socialiste élu ? Et hop  aussitôt, il se croit chef de la STASI et s'empresse de transformer la France en pays de l'Est - une sorte de Corée de l'Ouest extrême.

Un Espagnol ministre de la police ? Et voilà Franco ressuscité : arrestation de manifestants, surveillance d'opposants, écoutes pour tous : il lâche ses chiens, et ces chiens mordent.

Une descendante d'Africains à la justice ? Et les Français ébahis (mais ils ont tort : en votant, ils se doutaient de la catastrophe qu'ils préparaient) découvrent que, place Vendôme, trône un des dignes successeurs d'Idi Amin Dada, des tontons macoutes, de Bokassa, de Mobutu, etc.

Les socialistes au pouvoir, c'est la fin de toute surprise.