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21 avril 2014

Socialisme

 

 

 

Le nom socialisme, dérivé de l’adjectif social auquel a été ajouté le suffixe isme, n’existe pas dans l’ancienne langue française, laquelle, pourtant, ne manque pas de monstres. Il est donc moderne, étant enregistré dans le Dictionnaire de l’Académie française à compter de la septième édition (1878).

Selon Littré (1863-77), c’est un « système qui, subordonnant les réformes politiques, offre un plan de réformes sociales ». A ce sens, Littré en ajoute celui de socialisme de la chaire (en allemand Katheder Socialism) : « doctrines socialistes soutenues par des professeurs d’économie politique ». Le socialisme français est aussi un socialisme de professeur. Vacher de Lapouge, « professeur socialiste » (du Parti Ouvrier et de la SFIO), a été, chargeons sa barque – et celle du socialisme – sans vergogne, le principal théoricien du racisme (ceci – le racisme – expliquant cela – le socialisme de la chaire). Pour les académiciens (1932-35), c’est une « doctrine qui préconise un plan d’organisation sociale et économique subordonnant les intérêts de l’individu à ceux de l’État ». Appliquée au socialisme réel, celui de M. de Hollande et de ses séides, cette définition semble assez juste.

En un siècle, le socialisme réel s’est étendu à tous les pays du monde. Les auteurs du Trésor de la Langue française (1971-1994) prennent acte de ce triomphe. En politique, c’est « l’ensemble de doctrines inspirées par des sentiments humanitaires, fondées sur une analyse critique des mécanismes économiques et parfois du statut politique de l'État, ayant pour objectif la transformation de la société dans un sens plus égalitaire ». Aussi distinguent-ils un « socialisme chrétien » d’un « socialisme scientifique » et ce dernier d’un « socialisme utopique » et tous ces socialismes du « socialisme industriel » ou de celui que Marx définit comme la « phase de transition entre le capitalisme et le communisme ». Tous ces socialismes forment le « socialisme réel » dans les pays où le marxisme est appliqué ; ailleurs, c’est un « socialisme à visage humain » ou le « socialisme non bureaucratique » (purement fictif, comme la licorne) ou le « socialisme à la scandinave ». A ces socialismes répertoriés, il faudrait ajouter ceux qui sont oubliés des auteurs de ce Trésor : le socialisme arabe, cubain, africain, chinois, asiatique, le socialisme national allemand, etc. Il n’est pas de tyrannie qui n’ait engendré son socialisme ou inversement.

Socialisme est attesté en français en 1831 au sens de « doctrine qui sacrifie l’individu à la société ». La définition est assez conforme à la réalité, si sacrifier est entendu dans un des sens que Littré y donne : « faire périr » un ou des homme(s), comme dans l’exemple « on a sacrifié les meilleures troupes pour une attaque inutile ». Il est attesté en italien en 1803, trente ans avant que les Français ne l’adoptent. En italien, il désigne « un conservatisme bienveillant et éclairé ». Cette définition n’est-elle pas meilleure, à condition de remplacer les adjectifs « bienveillant » et « éclairé » par leurs antonymes « malveillant » et « obscurantiste », quand on connaît le socialisme réel dans les pays de l’Est, que toutes les définitions qu’on peut lire dans les dictionnaires modernes ?

Selon Proudhon, qui est souvent lucide, le socialisme bouleverse l’ordre métaphysique. Il n’assigne pas l’origine ou la cause du Mal à l’homme, mais à la société, l’homme étant bon par nature. Le péché originel est transféré à la société. Proudhon écrit : « l’immense majorité du socialisme, Saint-Simon, Owen, Fourier, et leurs disciples, les communistes, les démocrates, les progressistes de toute espèce, ont solennellement répudié le mythe chrétien de la chute pour y substituer le système d’une aberration de la société ». Certes, mais quelque quatre-vingt dix millions de malheureux ont été sacrifiés sur l’autel. Ont-ils été tués par un système naturellement bon ou intrinsèquement mauvais ? Et pourquoi ont-ils été sacrifiés ? Pourquoi les a-t-on fait périr, quel que soit leur âge ou leur sexe, qu’ils soient femmes, enfants ou vieillards ? Avant le socialisme, le baptême ou le repentir effaçait le péché. Le socialisme triomphant ne s’embarrasse pas de ces filandreuses considérations. Il tue, il sacrifie, il fait périr les coupables – tous ceux qui ne sont pas élus par Marx ou ses disciples, tous ceux qui continuent à être jugés mauvais et qui, pour cela, paient de leur vie ce péché. Le socialisme n’est que la énième ruse de la raison grâce à laquelle les hommes accomplissent sans vergogne et sans retenue ce qu’ils se targuent d’abolir.

 

 

Commentaires

Merci de reprendre vos " émissions " , qui me manquaient , en particulier à mon instruction .

En dehors du sujet de ce jour ,ayant rarement la possibilité d'écrire , je vous pose quelques questions qui me taraudent de longue date .

a ) malgré le thème de vos écrits , il semble y avoir rarement des lecteurs professeurs de langue française ( fonctionnaires trop occupés ? )
ou du moins , peu de commentaires paraissant provenir de cette gent.
" groupe professionnel flemmard ? branleur ? autres hypothèses ? absence de niveau culturel adéquat ? désintérêt ?
Idem jamai ( en apparence ) de VRAIS profs d' histoire etc..
c'est vrai que s'ils sont du niveau de Du Flot en géographie ( sauf pour trouver l'aéroport des Seychelles pour ses vacances hivernales ) ou mr
Cohen-Bendit pour ses voyages en campinge-car à travers le Brésil !

b ) Je m'interroge sur l'état actuel ( 2014 après Jésus Christ ) ( j'ose encore utiliser ce mode de décompte qui vous " classe " déjà , certains lèvent le sourcil et vous " enregistrent " comme n A Z .. ou comme f a s c i ...ou F N ( cent fois pire )
donc sur l'état actuel de la connaissance du latin et du grec ancien , en Fwouancé
- nombre de profs de Latin-Grec ????

- nombre de gens connaissant ( un peu , beaucoup, passionnément ces langues dites mortes )

- nombre de jeunes ( par exemple tranche 20-30 ans ) ayant suivi des VRAIS cours de ces langues

- % des scolarisés

- la plupart n'ont d'ailleurs fait qu ' une < initiation> , trop tardive vers 13 -14 ans pour les comprendre vraiment

- J'ai eu plaisir ce printemps à pouvoir faire du latin avec un jeune médecin juif de Paris , excellent
en latin ( prix du Concours général , vraiment une exception pour sa " génération " )

- % de faux profs de français ( ou d'anglais etc.. )totalement ignorants du latin , du grec , et totalement ignorants de l'étymologie de notre langue
- je ne parle même pas des médiocres politocards , ceux qui lisent Zadig ET Voltaire ,racailles parvenus à se caser par corruption en postes de ripoucratie



c ) amené à cotoyer la tranche d'âge qui me succédera professionnellement [ d'une bonne intelligence moyenne ]
le dialogue culturel est quasi impossible
Malgré le Bac et des années universitaires ,

les connaissances historiques sont quasi nulles
une impression qu'ils ont eu entre 0 et 2 ou 3
heures de cours pour l'ensemble de leur scolarité

beaucoup sont incapable de conjuguer un verbe en ER
presque toujours un é pour er
et vice-versa
incapables de conjuguer au féminin , au pluriel

pour les verbes de l'ancien français , en IR etc
ils cliquent sur internet ou le dico de leur Merd...phone
mais en général s'en foutent totalement
écrivent faux sans aucune gêne
les lecteurs de leurs écrits idem
- sont eux-mêmes incapables de détecter la
( les) fautes ou s'en contrefichent

- professionnellement d'ailleurs , finies les heures d'études dans les gros livres
- " ils cherchent sur internet , lisent 3 4 lignes en quelques secondes puis quittent en se suffisant des infos brêves et souvent fausses "
- presque jamais de longues lectures , stylo en main , en soulignant , en prenant des notes

-la semaine d'après c'est oublié , ils recliquent etc...

--mes enfants sont dans ce cas
--
Ignorance totale des expressions latines ou françaises anciennes

- souvent je fais exprès de citer une expression dans mon discours , type A QUIA, MENTOR , etc..

- je vois que 99 % ne comprennent pas

- mais bien sûr , s'en foutent et ne demandent pas de " traduire " en basic
- c'était votre Pygmalion = incompréhension

- c'est votre mentor = ignorance

- vous êtes a quia = ignorance ( dans leur cerveau , ne comprennent même pas le son , ne savent pas comme celà s'écrit )
- Je disais à mon fils , parlant de son enfance

" c'était donc ta Madeleine de Proust "

tu dis quoi ?
Ignorance de l'expression
Proust quoi ? à oui , on a du en parler !

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ETYMOLOGIE TOPONYMIE

la plupart ( les 40 à 50 % portant un patronyme du territoire de France ) ignorent le sens de leur nom , n'ont jamais cherché à le connaître , s'en foutent

une normande nommée Carpentier
non , n'a aucune idée
Charpentier = Ah bon, si vous le dîtes
Idem pour les autres que le nom soit flamand , occitan , mosellan = ignorance , désintérêt

-
le nom de leur village , ville , région = idem
ignorance totale , s'en foutent , on leur a jamais dit

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ignorance totale des préfixes , suffixes , celtes ,franciques, latins , grec
incompréhension totale
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dans la profession les mots sont appris en phonétique , hormis hypo ou hyper , tous les autres préfixes sont incompris

bon j'arrête là

merci

Écrit par : Amédée | 26 juillet 2014

Il n'est pas simple de répondre en quelques mots aux questions que vous vous posez.
Je tiens l'Education nationale pour le grand temple de l'obscurantisme moderne, temple qui abrite d'innombrables "frères ignorantins", tous confits en idéologie et dont l'angle d'ouverture au monde n'est pas supérieur à 1°. Pour eux, la rectitude idéologique prime sur le réel (vite effacé ou "occulté", comme ils disent, c'est-à-dire nié, jugé sans importance ou insignifiant), et cela à quelque niveau de la hiérarchie qu'ils se trouvent.
Hélas, la connaissance des langues anciennes ne préserve pas de cet obscurantisme. Fort nombreux sont les spécialistes de latin et de grec qui participent, la fleur au fusil, à l'enterrement des humanités.
Vous avez raison pour ce qui est de la connaissance de la langue. Comme il s'agit de "connaissance" et que toute connaissance est bannie du temple de l'obscurantisme, ce qui devrait former la culture partagée ou commune des citoyens est en train de se disparaître.

Meilleurs sentiments

Écrit par : Arouet le Jeune | 28 juillet 2014

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