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07 mai 2014

Fleuron

 

 

Fleuron, dérivé de fleur, est attesté au début du XIVe siècle et en sept siècles, il n’a pas changé de sens : « ornement en forme de fleur » (1302), « espèce de représentation de fleur servant d’ornement » (Académie, 1694, 1762, 1798, 1835), « ornement en forme de fleur » (Littré, 1872-77 ; Académie, 1762, 1878, 1935, édition en cours de publication). On trouve ces représentations ou ornements sur les couronnes, les pages de garde de beaux livres, les étoffes luxueuses, les moulures des palais, etc.

Le mot est employé à compter du XVIIIe siècle dans un sens figuré : « On dit figurément d’une des plus grandes prérogatives qu’ait un Prince, d’un de ses plus grands revenus, d’une de ses meilleures provinces, que c’est un des plus beaux fleurons de sa couronne, le plus beau fleuron de sa couronne » (Académie, 1762). Littré ajoute : « Il se dit aussi de ce qu’il y a de plus avantageux pour une personne », mais, dans cet emploi, fleuron est suivi du complément de sa couronne : « Il a perdu le plus beau fleuron de sa couronne » (exemple cité aussi par les académiciens en 1935 : « La mesure qui lui enlève cette place lui fait perdre le plus beau fleuron de sa couronne »). Ce sens figuré est glosé ainsi dans le Trésor de la Langue française (1971-1994) : « Bien (concret ou abstrait), qualité morale, les plus précieux pour quelqu’un ».

Depuis quelques mois, la métaphore du fleuron revient dans les media et comme "élément de langage" des politiciens, non plus à propos des couronnes, des souverains, des grands de ce monde, mais de l’économie, celle de la France évidemment, dont les « fleurons » - c’est-à-dire les entreprises ou les institutions ou les grandes œuvres - le plus beau ou les plus beaux de son industrie, de son économie, de son agriculture, de son architecture, de son patrimoine,  etc. sont rachetés à vil prix par des financiers étrangers, quand ce ne sont pas les Etats pétroliers islamiques.

Il est bon de constater que ce vieux mot qui fleure l’Ancien Régime, la monarchie, la couronne, l’ornementation inutile, etc. ressuscite soudain dans des lamentations républicaines et laïques. Et chacun de s’indigner. C’est même à qui s’indignera le plus. Ceux qui s’indignent de voir les fleurons de la France disparaître les uns après les autres sont ceux aussi qui ont tout fait pour que cela advienne. Tartufe leur a appris ces singeries ; ils ont retenu la leçon.

 

 

 

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