20 avril 2007
Légende dorée 6
Légende dorée 6 : Saint Emile Zola
Si la nouvelle religion, occultiste, visionnaire, new age, positive et sociale en diable avait eu son Christ, celui-ci aurait dit à ses disciples, avant de mourir sur la croix : "sur cet Emile, je bâtirai mon temple". Mais, la religion nouvelle n’a que faire d’un Christ qui la révèle aux hommes, elle dispose de milliers de prophètes. Saint Emile Zola est l’un d’eux. Il est le pilier du synaxaire new age.
Si son père, ingénieur mi aigrefin, mi capitaliste résolu de gagner beaucoup d’argent en vendant cher aux habitants d’Aix-en-Provence les eaux de source qui coulaient en si grande quantité qu’elles ont donné à la ville son nom, n’était pas mort jeune, Emile aurait marché sur ses brisées et aurait été à la tête d’un bel empire financier. De lui et de son père, les romanciers réalistes auraient écrit "la fortune des Zola". Hélas, plutôt de s’enrichir de jetons de présence, il a choisi les lettres, la pub tapageuse, le feuilleton, les journaux, la littérature de gare. Ainsi, il a amassé une fortune colossale. Si des écrivains recouraient aujourd’hui aux méthodes de Zola (coups de pub bruyants, journalistes transformés en trompettes de sa renommée, copains le faisant mousser, claque organisée, ascenseur à tous les étages), ils seraient traités de ferblantiers, d’écrivains de m…., de Bouygues au petit pied, de gougnafiers, etc. Si un écrivain s’aventurait à reprendre ses thèses raciales, dignes de la sociobiologie avant l’heure, il serait aussitôt traduit en justice pour incitation au crime contre l’humanité. Si Zola est " de gauche ", alors la gauche n’est pas belle : le cadavre pue. On s’en doutait. Saint Emile Zola a pris le masque du défenseur des pauvres, des ouvriers, des paysans, des mineurs, des cheminots, parce que les pauvres sont dix mille fois plus nombreux que les riches. Il fallait les flatter : comme ils avaient appris à lire, ils ont acheté ses livres. En fait, le monde que ce Saint d’un nouveau genre connaît le mieux, c’est le monde interlope des agioteurs, des filles entretenues, des fils de pub, des grands magasins.
L’œuvre qui fait de lui le prophète de l’ordre nouveau, ce ne sont pas les vingt romans, assez gentillets, n’eût été le délire racial, qui composent le cycle des Rougon-Macquart, mais les œuvres de la maturité, écrites une fois fortune faite, à savoir : Trois Villes (Lourdes, Paris, Rome, dans lesquelles il tire à boulets rouges sur le catholicisme) et Quatre Evangiles, intitulés successivement Fécondité (ou évangile selon Mathieu, qui a douze enfants et une descendance plus nombreuse encore, qui vont porter la bonne parole dans l’Afrique placée sous l’égide de l’Europe impériale), Travail (ou évangile de Luc, qui construit une cité modèle, où il est doux de vivre, et une usine idéale, où il est agréable de travailler), Vérité (ou évangile de Marc, qui prend pour cible le dogme de l’Eglise infaillible qui obscurcit le cerveau des fidèles et qui prêche la libération du peuple par l’instruction et la science), Justice (ou évangile de Jean, qui fait régner l’harmonie dans le monde : ce dernier volume est inachevé). Tel est le nouveau Nouveau Testament de l’Europe arrogante et conquérante, qui met de l’harmonie dans le chaos, célèbre le culte du corps, donne libre cours à ses pulsions, exige le bonheur pour tous, pense les peuples comme des masses que conduit à la férule un guide, un duce, un conducator, un raïs, un presidente credente et à vie, un führer. Ces évangiles abolissent "l’évangile sémite de Jésus". On n’ose imaginer ce que le Saint aurait pensé de Mussolini, s’il n’était pas mort, encore jeune, en 1902.
Pendant trois ans, Saint Emile Zola a été relaps, quand il a pris la défense d’Alfred Dreyfus, admirable capitaine de l’armée française. Mais quand il a constaté, en dînant avec Dreyfus enfin libre, que celui-ci ne serait jamais un fidèle de sa nouvelle religion, il a repris de plus belle sa prédication occultiste pour mériter pleinement sa place dans le synaxaire new age.
07:46 Publié dans La légende dorée moderne | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, culture, critique littéraire
09 janvier 2007
Légende dorée 5
Bécassine est de retour
On a vu : Bécassine part en vacances, Bécassine invente des mots, Bécassine marche sur la grande muraille, Bécassine se coiffe du tchador, Bécassine se vêt de blanc, Bécassine pèlerine en Terre Sainte, Bécassine écoute le Hizb-u-Allah, Bécassine apprend l’arabe, Bécassine téléphone à Don Quichotte, Bécassine a son blog, Bécassine accouche, Bécassine se dore au soleil, Bécassine monte dans une voiture automobile, Bécassine prend l’avion, Bécassine rend une visite de courtoisie aux grands de ce monde, Bécassine visite ses pauvres, Bécassine dialogue avec le peuple, Bécassine passe à la télévision, Bécassine parle dans le poste, Bécassine présente ses vœux, Bécassine écrit, Bécassine lit, Bécassine dompte les éléphants de son Parti, Bécassine pavane à la tribune, Bécassine voyage en TGV, Bécassine fait du Che son toutou, Bécassine dîne aux chandelles, Bécassine va au restaurant, Bécassine mange de la dinde, Bécassine joue au député, Bécassine a une opinion sur tout, Bécassine sait comment va le monde, Bécassine lorgne sur le château de la rue du Faubourg Saint Honoré, Bécassine s’habille chez Dior, Bécassine va en Amérique, Bécassine a une SCI, Bécassine fait de la bicyclette, etc. Tout ça en blanc et en couleurs.
Depuis deux ans, Bécassine est de retour. Elle a été exhumée des albums de BD pour occuper à longueur de journées les écrans cathodiques, où l’on ne voit plus qu’elle. Merci à la propagande de l’avoir ressuscitée. La nouvelle star offre de franches rigolades aux téléspectateurs et aux lecteurs d’hebdos cultureux. Tout n’est donc pas négatif dans la propagande. Elle a parfois du bon et même de l’excellent.
Pour que la collection des nouveaux albums (du latin albus, a, um, "blanc", ou "immaculé" comme Bécassine) soit complète, il manque Bécassine en levrette et Bécassine dans la garde-robe : le 11 mai, ce sera peut-être fait ; sinon, on en aura jusqu’en 2012. Alors, Endémol et René Château Vidéo vendront le DVD de tout Bécassine ou Bécassine de A à Z, comme on la voit sur tous les écrans, tous les jours et à toutes les heures.
06:47 Publié dans La légende dorée moderne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Culture, politique, littérature
13 décembre 2006
Légende dorée 4
Légende dorée 4 : Saint Front populaire
L’Eglise catholique célébrait jadis Saint Front chaque 25e jour du mois d’octobre. Il y a très longtemps, au premier siècle de notre ère, un dénommé Front, évêque, aurait été envoyé par Saint Pierre en personne dans le Sud-Ouest de la Gaule romanisée chez les Petrocorii ou habitants du Périgord, autrement dit département de la Dordogne, 24, pour y encadrer les premiers chrétiens. En Dordogne, c’est un Saint Front populaire : l’église cathédrale du chef-lieu y est consacrée et, autour du chef-lieu, trois villages portent son nom : Saint-Front d’Alemps, Saint Front la Rivière, Saint Front de Pardoux. En Italie aussi, ce Saint serait célébré : à Bolzano, il est présent dans la légende de Sainte Christine ; à Frontone, il est représenté dans un vitrail de l’église, et aussi à Sanfron.
Pourtant, le Saint Front le plus populaire de la France socialiste n’est pas l’évêque envoyé par Saint Pierre, mais celui de 1936 : c’est pourquoi son nom est toujours suivi de l’adjectif populaire. Il est donc naturel que la nouvelle religion occulto-socialiste l’ait intégré à son synaxaire et que, chaque année ou tous les dix ans, les bien pensants du haut clergé et les très puissants de la télé publique célèbrent sa fête : cela se fait en juin, et non le 25 octobre. En juin 2006, ce fut la soixante-dixième célébration de ce Saint Front Populaire et, comme toujours, la cérémonie s’est déroulée de la même manière convenue : diffusion d’images en noir et blanc de tandems ou de bicyclettes roulant vers les plages, de feux de camp, de tentes, de bals musette et de casquettes et de fichus sur la tête, et mêmes discours : les ouvriers et les ouvrières, les travailleurs et les travailleuses, le peuple et la populace, le courage et la dignité, etc.
Ce Saint Front Populaire mérite sans aucun doute d’être vénéré, puisque les fidèles de la religion socialiste répètent depuis soixante-dix ans des mots d’ordre usés jusqu’à la corde (la vocale, bien entendu) : congés payés, 40 heures, vacances, découverte de la mer, camping et camps de toile, colonies de vacances au grand air, etc. En Géorgie, des fidèles célèbrent Staline ; l’effigie de Mao, dans la Chine capitaliste, est couverte de fumée d’encens : c’est le Grand Ancêtre de tous les Chinois. Il a fait assassiner 65 millions de malheureux, il est donc célébré. Le Saint Front Populaire qui nous occupe n’a tué personne, encore que… Il n’est donc pas scandaleux qu’il soit célébré.
En 1936, la France avait, à ses frontières, des voisins haineux qui rêvaient de s’emparer de ses quelques richesses. En Italie, Mussolini revendiquait comme lui appartenant les deux départements de la Savoie, celui des Alpes maritimes (le comté de Nice) et la haute vallée de l’Ubaye. Il était prêt à en découdre pour obtenir satisfaction, ce qu’il a fait en juin 1940. En Allemagne régnait Hitler. Le programme exposé dans Mein Kampf ne laissait planer aucun doute sur ce qu’il allait faire : c’était delenda est Francia (il faut détruire la France) ou, pour que l’Allemagne soit un grand pays, il fallait plonger la France dans le grand silence de la mer. En Espagne, Franco se préparait : il considérait que le pays catalan et le Pays basque faisaient partie depuis toujours de l’Espagne et que le Béarn devrait être rattaché à la Navarre espagnole. Mussolini et Hitler fourbissaient leurs chars, leurs avions, leurs canons ; Saint Front populaire faisait bruire musettes et accordéons. La guerre, annonçaient Hitler et Mussolini de concert, serait totale : la France vaincue serait dépecée et partagée en sept ou huit principautés croupions, vassales du Reich. Le Nord et le Pas-de-calais seraient intégrés à une Flandre fasciste ; la Bretagne serait indépendante, mais dans le giron du Reich. La Lotharingie serait ressuscitée et l’Occitanie créée : les volem viure al païs en seraient comblés. Les morceaux de France que Mussolini tenait pour siens lui seraient cédés, en échange d’un quignon de pain.
Voilà ce qui se préparait.
En 1936, le Saint Front Populaire ne l’entendait pas de cette oreille. Il était différent. C’était aussi son droit d’être sourd et aveugle. Vive le droit à la surdité et à la cécité. Il tenait les menaces fascistes et racistes pour pets de lapin ou pour des inventions de la bourgeoisie vorace qui aurait rêvé d’une autre guerre pour empocher les milliards du peuple. Ah, ce Saint Front populaire, si cher aux intellos, comme il était beau et fier, courageux et lucide : grèves, congés payés, défilés dans les rues, usines occupées, bal musette, accordéon, 40 heures et nationalisations. Les compagnies de chemins de fer croulaient sous les dettes : la République se les est appropriés. Les pauvres ont réglé la note colossale laissée par les actionnaires. C’est le progressisme. Saint Front populaire fut une resucée de 1793 et de 1871, mais tragique. Alors que les Français étaient menacés dans leur vie, leur être, leur liberté, Saint Front populaire les faisait danser et chanter, leur apprenait à faire du vélo, les allongeait sur le sable de la plage, etc. Ah la belle vie. Les nazis fabriquaient des armes, les Français dansaient dans les guinguettes.
En 1940, ce fut la défaite. Pouvait-il en être autrement ? Des blindés contre le bal musette ? Bien entendu, les élus du Saint Front populaire ont imité les communistes qui, depuis 1939, étaient alliés à Hitler : ils ont voté comme un seul homme la loi constitutionnelle du 10 juillet et ils ont donné de fait les pleins pouvoirs à un maréchal à demi gâteux. Le pacifisme bêlant faisait d’eux les alliés objectifs des fascistes, la défaite a fait d’eux des complices des nazis. Le résultat est connu : ce fut la collaboration et la honte, dont seul a tiré gloire Mitterrand. Voilà pourquoi il a fait le président durant quatorze ans.
Saint Front populaire est une verrue sur l’histoire de France. Les fidèles de la religion occulto-socialiste aiment les verrues. Ils célèbrent donc ce Front. A chacun ses Saints.
07:09 Publié dans La légende dorée moderne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, culture, christianisme
31 octobre 2006
Légende dorée 3
Légende dorée 3 : Sainte Ségolène Royal
Tout destinait Mlle Marie-Ségolène Royal, fille d’un lieutenant-colonel, à devenir, non pas crémière en chef des beurres et fromages (blancs) de Charentes-Poitou, mais au mieux religieuse chez les Clarisses, au pis grenouille de bénitier. La famille lui avait tracé sa vocation. La mère a eu huit enfants en neuf ans, pas autant que Dieu en aurait voulu : pourquoi pas dix-huit ou dix-neuf en vingt ans ? Les funestes secrets lui auraient-ils été révélés ? Très tôt, la jeune Marie-Ségolène a été modelée à l’intégrisme conservateur : messe le dimanche et les jours fériés, chorale, chants grégoriens, communion, aube, voile, croix pectorale, confirmation et tout le tintouin. Vouée à épouser un uniforme kaki et à enfanter le plus de garçons possible, elle a été dressée par un père officier à la vie rude : pas de chauffage dans la chambre en hiver, on se lave à l’eau froide toute l’année, on dit le bénédicité, on se met au garde-à-vous, on marche, quand on est enfant, au pas et en rangs serrés.
Le père a quitté l’armée, qui n’avait pas su garder ses colonies. Le grand-père X, promotion 1912, guerroya en 1914 avant d’épouser la fille de propriétaires terriens et de finir général. Longtemps, son fils, sa belle-fille, Marie-Ségolène ses sept frères et sœurs ont habité à côté de chez lui. Le grand-père général a gagné toutes les guerres qu’il a faites ; le père lieutenant-colonel les a toutes perdues. En 1940, il s’est rendu avant de combattre. L’unité qu’il commandait a été défaite en Indochine, puis en Algérie. Ses harkis ont été abandonnés aux rasoirs des égorgeurs. Il hait naturellement De Gaulle. Il vote donc, en 1965, Tixier-Vignancourt, candidat de l’extrême extrême droite, et, au second tour, Mitterrand, candidat de l’extrême droite simple, préparant le futur ralliement de sa fille à l’homme de Jarnac. Il a été, jusqu’à sa mort, un électeur de Le Pen. De tous ses enfants, Marie-Ségolène, la nouvelle Sainte de l’occulto-socialisme, est celle qui lui ressemble le plus. Belle brochette d’extrémistes ! Un frère de la crémière en chef, agent secret, sait piloter des Zodiacs. Une de ses cousines est candidate aux élections sur une liste du Front national.
Comment la lumière a-t-elle pu percer les brumes épaisses qui obscurcissaient le cerveau de la future Sainte ? Par quels détours la vérité lui fut-elle révélée ? Elle a commencé par changer de nom de baptême et à renoncer à Marie ou Immaculée Conception, mère du Christ Dieu. Elle se fait appeler Ségolène tout simplement, comme la première abbesse du monastère de Troclar, en Languedoc, au VIIe siècle, dont les reliques sont conservées pieusement dans la cathédrale d’Albi. C’est la première étape de son parcours d’émancipation. Puis, au lieu de se faire engrosser par un militaire choisi par son père, elle fait des études. Elle entre à l’Université de Nancy, en sciences éco, seules sciences qui ne valent pas cher et qui ne coûtent rien. C’est la discipline des progressistes de tout crin et de tout poil qui savent tout, qui expliquent tout par l’économie (id est par les dépenses somptuaires qu’ils conseillent de faire en toute occasion), qui ont des remèdes pour tous les maux et qui réduisent l’infinie variété des choses du monde à deux ou trois théorèmes. Qui se ressemble s’assemble. Bien entendu, ainsi blindée, elle intègre l’ENA. Promotion je ne sais quel coupeur de têtes : Saint-Just ? Robespierre ? Bonaparte ? Couthon ? Dans ces milieux, on aime les têtes. La chance de Mlle Ségolène Royal fut Mitterrand, qui, porté sur la bagatelle, aimait s’entourer de chair fraîche. Le père lui avait donné sa voix en 1965, faute que Tixier fût au second tour. La fille le conseilla à l’Elysée. Il l’en remercia en lui offrant une circonscription sur mesure, où même un âne aurait été élu, s’il avait été investi par le PS. Le fait est que, de fonctionnaire du Prince, elle devint ministre, puis crémière en chef de Charentes Poitou, d’où elle brigue les suffrages des Français. L’agence de pub com Ogilvy l’a vendue comme si elle était un détergent. Ogilvy est une filiale de la multinationale WPP, émanation du Parti démocrate américain et de ses services de propagande, spécialisée dans la désinformation. Elle vend les politiciens clés en main, image et programme politique en même temps : tout en un, pour le même prix. Pas trop cher, en échange d’une future docilité. La bienheureuse a été fourguée aux journaux comme l’aurait été Omo qui lave plus blanc que blanc. Pendant une année, elle a eu droit aux couvertures de tous les magazines popolisés : de Voici au Nouvel Observateur. Aucun journaleux n’a enquêté sur la manipulation, même pas les papes de l’investigation (nom moderne de l’inquisition), les Plenel, Colombani, July, Daniel, Askolovitch, etc. C’est que la crémière a un teint de Sainte Nitouche, une agence de pub com qui la sanctifie et un nom royal. Si les Français l’élisent, ils seront royalistes : ce sera peut-être le moment d’en finir avec la République. Une reine, ça a plus de gueule qu’un Président femme.
L’Eglise catholique canonise des miséreux, des simples d’esprit, des bergères, des servantes. Le social occultisme va pêcher ses Saints dans les eaux troubles de la collaboration, du racisme, du pétainisme, de la bourgeoise vorace de province, de l’extrême extrême droite. Il est donc naturel que son synaxaire ne compte ni paysans, ni ouvriers, ni pauvres. Des lessives et des détergents ou des crémières en chef, mais pas de bergères.
07:25 Publié dans La légende dorée moderne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, culture, christianisme
23 septembre 2006
Légende dorée 2
La légende dorée 2 : Saint Jean Jaurès
Il naquit bourgeois à barbe, haut-de-forme, redingote et lavallière. De cette classe malfaisante et nuisible, il avait tout à profusion : la montre, l’argent, la morgue, la suffisance, la rhétorique ampoulée, la cupidité, la vocation à exercer le pouvoir, un appétit féroce. Il apprit le grec et le latin, il fut bon élève, il intégra l’Ecole Normale Supérieure de Paris, il fut agrégé au corps des professeurs de lycée, avant d’être nommé dans une faculté de province. Il a même professé un cours de psychologie au lycée de jeunes filles de Toulouse : il fut cette année-là la comtesse de Ségur, née Rostopchine. Rien ne le destinait donc à porter les bannières dans les processions syndicales et pacifistes : ni les idées, ni la carrière, ni l’origine sociale, ni l’expérience. S’il avait été chinois, il aurait été naturellement mandarin.
Les lumières du siècle lui furent révélées lors de banquets où les positivistes célébraient les noces de la raison raisonnante et de l’Etat étatisant. Il soutint une thèse dont le titre annonçait les bouleversements de sa pensée : les "fondements du socialisme chez Luther". La thèse était rédigée et soutenue en latin, Jean Jaurès marchait sans le savoir sur les pas de Saint Thomas d’Aquin. En 1895, dans un article de La Dépêche de Toulouse, il se lamenta que les pogroms fomentés en Algérie par des colons français contre de malheureux Juifs n’eussent pas été plus sérieux et plus politiques : "Pourquoi n’y a-t-il pas eu en Algérie un mouvement anti-juif sérieux tant que les Juifs appliquaient, surtout au peuple arabe, leurs procédés d’extorsion et d’expropriation ?". La lumière ne perçait pas encore les vapeurs d’obscurantisme qui embrumaient son cerveau bourgeois.
Un événement lui valut le titre envié de bienheureux : ce fut une grève de mineurs dans un bled proche de chez lui. Juché sur un tonneau, il enchaîna de longues phrases, bien pompeuses. Les mots sortaient de sa bouche en cascades sibyllines, comme le Nil des cataractes ou comme la lave de l’Etna. Les braves bougres qui l’écoutaient furent submergés. Jean Jaurès était doté de l’éloquence ampoulée et rocailleuse des prophètes. Ils ne cherchèrent pas à comprendre ce qu’il disait : "Le courage, c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques" ; "je n'ai jamais séparé la République des idées de justice sociale, sans laquelle elle n’est qu’un mot", "on n’enseigne pas ce que l’on sait ou ce que l’on croit savoir : on n’enseigne et on ne peut enseigner que ce que l’on est" - slogan que les fondateurs des IUFM ont entendu. Les mineurs de fond n’avaient jamais vu la mer ; ce jour-là, ils entendirent le fracas des tempêtes. Elu, Jean Jaurès se fit le bon apôtre des coopératives ouvrières ou autres, seule alternative au Mal.
Pourtant, jusqu’à sa mort, son esprit resta offusqué par le soleil noir de la bourgeoisie. Quand le capitaine Dreyfus fut condamné aux travaux forcés, il approuva la sentence, qu’il jugea même trop clémente : il eût préféré l’exécution. S’il avait été sous-officier, Dreyfus aurait été condamné à mort ! En 1904, il fonda L’Humanité qui fut, comme chaque sait, le porte-parole des opprimés et des humiliés de l’ancien empire colonial soviétique et de ses satellites. Bien entendu, comme les hommes, où qu’ils vivent, sont hostiles à la guerre, il se prononça pour la paix – c’est-à-dire pour que de malheureux peuples continuent à souffrir sous la schlague du Reich allemand, de l’Empire austro-hongrois et de l’Empire ottoman - formant ainsi ses futurs disciples à la collaboration (ce qu’ils firent en 1940).
Pourtant, le miracle finit par se produire. Il fut tardif certes, mais il eut lieu à la veille de la guerre – dont on ne savait pas encore qu’elle serait une guerre mondiale ni qu’elle serait la première des guerres mondiales du XXe s. Un exalté assassina Jaurès, qui, de fait, fut déclaré " martyr " et santo subito. C’est ainsi qu’il entra sous le nom de Saint Jean Jaurès dans le synaxaire de l’Eglise occulto-socialiste.
08:10 Publié dans La légende dorée moderne | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : politique, christianisme, culture
03 septembre 2006
Saint François Mitterrand
La légende dorée 1 : Saint François Mitterrand
Très tôt, dès son plus jeune âge, il fit preuve de talents exceptionnels et de dons surnaturels. Il sut parler à deux ans et lire à quatre. Son éloquence ondoyante faisait des miracles parmi ses camarades de jeu. Mais il naquit dans une famille de nantis qui dévoyèrent ses talents et ses dons. Parmi ses ancêtres, il ne comptait que des culs-bénits, des grenouilles de bénitier et les piliers de l’Ordre révolu. Il reçut une éducation jésuitique. Sa famille ambitionnait pour lui les plus hautes fonctions dans les dîmes, tailles et autres champarts : le capitalisme et l’ordre bourgeois répressif rémunèrent bien leurs domestiques. Saint François Mitterrand fut à leur image pendant sa jeunesse. Il manifesta donc contre la présence de métèques (id est de Juifs) parmi les assistants de la faculté de droit de Paris ; puis il collabora avec l’Allemagne nazie pour rétablir en France les privilèges de l’ancien régime.
A la fin de l’année 1943, il consulta une pythonisse qui lui révéla que la francisque qu’il arborait au revers du veston finirait par lui valoir la décollation. Mais ce qui lui ouvrit grand les yeux, ce fut le débarquement des troupes américaines en Sicile et la défaite de l’Armée d’Hitler en URSS. Il en reçut une illumination et il commença sa vie de Saint, ayant enfin compris qu’il finirait dans les poubelles de l’Histoire, s’il continuait à faire le cul-bénit comme les Jésuites ou les Maristes le lui avaient enseigné. La conversion lui évita l’épuration. Papon ne se convertit pas, il ne s’en est toujours pas remis. Pourtant, le jésuitisme masquait encore à Saint François Mitterrand la Voie de la Vérité. Il resta empêtré dans ses contradictions : guerroyer contre les Algériens, bombarder l’Egypte, couper des têtes à tire-larigot : 61 pendant les quinze mois qu’il passa à garder les sceaux, etc. Monsieur Vincent menait les porcs à la glandée ; Saint François Mitterrand les têtes à la guillotine.
Le second miracle se produisit plus tard. Une voyante, rencontrée en mai 1968 dans les gaz lacrymogènes, lui révéla le Vrai, le Bon, le Juste. Saint François Mitterrand en larmes fut visité par le Saint Esprit de l’Histoire. Pour être quelqu’un, il fallait qu’il devînt marxiste-léniniste. Il singea donc les gauchistes cryptocommunistes maoïstes trotskistes : en bref, il se donna l’apparence d’un vrai de vrais, d’un pur de purs, d’un dur de durs. Il changea de vie et descendit, la rose au poing, dans la crypte du Panthéon pour honorer ses ombres. Il en fut transfiguré. Il cessa d’être le Florentin avide qui corrompait ce qu’il touchait, il devint le traceur de voies nouvelles, celui qui rend l’espérance aux hommes, il s’entoura de devineresses, de mages, de voyants, de prestidigitateurs, de pythonisses, de membres de sociétés secrètes, il se fit Tribun du Peuple, sillonneur d’océans, barde égaré au bout d’un promontoire de nuées, prophète de temps meilleurs, découvreur d’idées nouvelles, forgeron du Verbe, voyant. Il alla même jusqu’à parler à des ouvriers aux grosses mains sales, il fut le sable et la Pierre sur laquelle il construisit la nouvelle religion socialo, bobo, coco, gaucho, la paille et le grain, la volige et la poutre, Remus et Romulus, le sel et la Terre, le tribun et le pilote, le chef et le peuple, Le Christ et Judas, tout ça en même temps et à la fois, véritable Dieu à cent têtes et à dix bras ou à vingt langues, maître de la glossolalie du vent, prestidigitateur qui fit disparaître des caisses de l’Etat des centaines de milliards de francs, Gilles de Rai de l’argent public.
C’est le plus grand des Saints de France.
05:30 Publié dans La légende dorée moderne | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, culture, christianisme
02 septembre 2006
Jacques de Voragine
Ecrire la vie des saints
La Légende dorée, on le sait peut-être, est un recueil de vies des saints écrites en latin au XIIIe s. L'auteur en est Jacques de Voragine.
Il ne serait pas impropre de qualifier d'esquisse ou de trame ou de scénario de légende dorée les récits, propos, discours relatifs aux grandes ombres du socialisme et de l’occultisme, qui errent parmi les vivants ou qui hantent la crypte du Panthéon. Ces ombres sont Saint François Mitterrand, Saint Jean Jaurès, Saint Victor Hugo, Saint Emile Zola, Saint Maurice Thorez, Saint Léon Blum, etc. La France a beau être une République laïque, il s’y raconte de très pieux récits et de stupéfiantes existences, tout entières consacrées au Bien public ou commun ou à l'Intérêt général et à lutter contre le Mal. Du socialoccultisme, il n’est dit que de belles choses flatteuses : l’éloge y est permanent, comme la Révolution chez les Trotskistes. Il serait inconvenant d’en faire la moindre critique. Ce serait même un blasphème que d’y appliquer le libre examen. C’est une légende, parce que tout y est controuvé ou faussé, et, qui plus est, dorée, à la fois comme une pilule dorée (ces paroles flatteuses qui adoucissent les regrets et les désagréments) et comme une vile servitude présentée sous un beau jour.
La modernité a tout. Il ne lui manque rien pour être parfaite, sauf sa légende dorée. Les éléments sont là partout, mais épars, dispersés, dans les media, dans les phrases sclérosées de l’opinion publique, sous la plume des politiciens. Il en allait ainsi des vies de saints au XIIIe siècle. C’est alors que Jacques de Voragine (1230-1298), qui fut archevêque de Gênes et commentateur de Saint Augustin, eut l’idée de réunir ces vies éparses dans un même recueil. Le travail n’a pas été très difficile.
Pour écrire la légende dorée moderne, il faut s’imprégner d’abord du ton de l’éloge et des tics de l’onctuosité servile ; car une légende dorée ne peut se raconter que sur le mode de l’hagiographie. Ensuite, il suffit de recueillir ces fragments verbaux épars et de les abouter, comme on le fait de lames de lambris. C’est ainsi que l’on aura écrit la légende dorée de la France socialiste et occultiste.
08:00 Publié dans La légende dorée moderne | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : politique, littérature, culture



